IV. I ; CERCL] DE BELLE VILL] Vl.'j
cesseur était sorti, traîné par les agent* de Raoul Rj-
gault, procureur général delà Commune, vers la prison mù l'attendait la mort. Ainsi, à cette époque, on heurtait à chaque pas les souvenirs sanglants '.
Vrignault exposa, avec son ardeur ordinaire, l'idée générale qui nous inspirait. M** Guibert l'écouta ; une bonté un peu distraite. Un de nous lui remit notre Appel aux homme \é. 11 le parcourut des
yeux.
Maignen qu'il connaissait déjà, en sa qualité de religieux, lui parla du cercle Montparnasse et de sa situa- Bon précaire. Robert ut moi, nous ajoutâmes quelques mots sur le succès de notre souscription et sur le projet que nous avions d'établir à Belleville notre première fondation.
Le bon archevêque nous laissa dire sans faire d'objection, mais aussi sans marquer autre chose qu'une vague sympathie. Il loua nos desseins en termes bienveillants et non moins vagues, ne blâma ni n'encouragea notre enthousiasme catholique, approuva notre lien/ fieux à condition que son texte exprinmt formellement « qu'il ne nous engageait pas sous peine de , et
nous autorisa à continuer notre entreprise, sans paraître l'envisager avec beaucoup de confiance ; puis il nous bénit et nous congédia paternellement.
Pour des hommes Convaincus qu'ils devaient rer
la société et sauver leur pays, cette bienveillance d quoise était quelque peu mortifiante; elle nous parut, i D effet, pénible. Nous sortîmes de l'audience mat imp.
et, je l'avoue, plus portés a la critique qu'à l'humilité. Nous déplorions, en descendant l'escalier, l'aveuglement du saint prélat qui n'avait pas c LS, à notre gré, la grandeur de nos p et Vri-
i. C'est de ce même -alun que - 01 lit encore, le 17 dé
sur sou fauteuil, le vénérable cardinal Richard, expulsé, par 1res du gouvernement de la République, du p -hi-
^piscopal i-oniisqué et Iran d'épais en ministère Ju
ut. d'un U <|ti<\ lui au tille .1 la Roquette '
Quel
demeure une abon laotc I. ud
nouvellement app< véque à le I M. I.
core curé de Saint -A Pour mon frère et ;
moi, son nom éveillai! des louvenû au fond de nos cœurs.
\ Lngt ans plus l trtie du
de Saint-Roch. I. delà paroisse '-tait alors
M. Pététot, dont lenomdevait. I*année su, taché a la reconstitul l'illusti
de l'Oratoire. Autour de lui élite sa
dotale L'abbé de Bories, qui mourut en 1870 Saint-Pbilippe-du-Roule, dii mière communion : ave<
pleins de noblesse, sa chevelun- argentée, il avait le grand air d'un de Je L'ancienne cour
Kigaud nous a transmis l'image ; disciple < panloup, formé par lui a l'enseignement i excellait dans sa fonction, ou 1 lient des .
tous destines aux chai - plus hautes, parm
quelles M. Lerebours, le charmant et distingue cur la Madeleine, que tant de g'-mrations de catholiquesi nntaimé, et M. Langénieux, le vicairt rai de [> qui allait devenir L'évoque de f rb ■-. b nal -archevêque de Hein
Les catéchismes de Saint-Roch étaient admirables. Attirées par la renommée de leurs directeurs, beaucoup de familles y envoyaient leurs enfants, de préférence à ix de leur paroisse. Nous étions du nombre, mon frère et moi, et jamais nous n'avions oublié les maîtres qui. si fortement, avaient agi sur nos âmes. Nul san« doute.
i\ . — i i. CERCLE DE r.J.i.i.h\ ILLE '.) /
parmi les survivants de ces lointaines années, ne les a oubliés plus que nous.
L'abbé Langénienz avait prêché, en 1852, notre retraite de première communion, et je vois encore ses yeux noirs et perçants dont, jusqu'à la Gn de sa vie, l'expression demeura saisissante, comme au temps de sa jeunesse : j'entends encore sa voix chaude et vibrante, qui faisait battre nos cœurs et ooulemos larmes.
Lorsqu'après notre visite à l'archevêque, nous vînmes tous deux le trouver pour lui dire nos projets, lui confier nos rêves, lui avouer la déception que nous avait laissée l'entrevue officielle, il reçut a bras ouverts - ses enfants du catéchisme ». Dans sa paroisse de Saint- Amb roi se, il avait vu de près le peuple de Paris; il s'était mêlé à sa vie. ému de ses misères; et. sa charité, son ardeur apostolique lui avaient valu de si vives sympathies que, vers la lin de la Commune, des ouvriers du quartier ayant appris qu'il était inscrit sur les listes d'otages, étaient accourus le prévenir el, sous un déguisement, l'avaient échapper aux recherches déjà commencées.
Son Ame, remplie de ces trafiques souvenirs, s associa sans peine à nos pensées. Il comprit nos ambitions, applaudit à nos enthousiasme-, encouragea nos espées. Désormais sou appui nous fut acquis; il ne nous lit jamais défaut. Depuis l'heure, où, si ^énéreuseinent, il nous accueillit dans sa chambre de vicaire néral, jusqu'au jour, alors bien loin de son esprit et du nôtre, où, archevêque et cardinal, il conduisit aux pieds de Léon XIII les grands pèlerinages d'ouvriers à la tête desquels j'avais l'honneur de marcher, il demeura sans jamais se départir de sa bienveillance, le protecteur et le ^nide de toutes les entreprises sociales, que l'Œuvre des cercles catholiques lit naître par son initiative.
Je ne puis rapporter ici toutes les visites que nous
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paiement au bien, de cet aimable saint qui les
recevait cordialement h M table hospitalière où, seul. il mangeait la maigre collation des disciples de s François et buvait de l'eau pure dans une bois ! Et quel spectacle, dans cette demeure de la rue du Bac. quand, le jour de sa mort, couché sur son lit de
,1e. il voulut que les portes fussent grandes o pour permettre à tous de venir s'agenouiller sous sa bénédiction, interminable défile qui dura, jusqu'au moment où, se soulevant, étendant les bras en croix, il s'écria : alléluia ! et retomba inanimé !
Ce fut dans la chambre où devait s'accomplir cette scène sans pareille qu'il nous accueillit. Avec la haute