I.M|;' Antoinette de l mitre femme du baron i
r.harette. morte en lMio. était mon amie la plus chère d'enfance do jeunes
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AUo Dissard, autour d'une longue table couverte d'un apis vert, dont j'occupais l'une des extrémités, pendant
sur les côtés, se tenaient assis une trentaine de personnes, parmi lesquelles notre hôtesse était la seule anime.
Très ému de la responsabilité qui pesait sur moi, et n'ayant, avec mon inexpérience oratoire d'alors, aucunement préparé ce que j'allais dire, je me sentais foi nent troublé en face de cet aréopage, dont les sentinents se devinaient mal, sous la réserve et la gravité yonnaises, un peu hésitantes devant ma jeunesse et ma
rite. Je pris la parole comme on se jette à l'eau, et, mr le ton de la causerie, je laissai parler, ou plutôt dé- ►order mon cœur.
J'ai fait, depuis, connaissance avec les grandes assemblées dont la ville de Lyon ménage aux orateurs cathoiques le magnifique spectacle. J'ai senti vibrer ces unes, bouillonner en d'impétueuses explosions leur irdeur contenue : je garde, de ces rencontres, d'inefl'aahles souvenirs. La première devait s'offrir trois mois iprès, à l'inauguration du cercle de la Croix-Rousse lontje décrirai tout à l'heure la scène extraordinaire : •e jour-là, j'ai su ce qu'était un auditoire lyonnais. Mais e soir du mois de mai 1872, où. dans cette salle à l'alare sévère, je crus paraître devant un jury d'examinaeurs, je ne pus m'en rendre compte.
On m'écouta cependant avec une évidente sympathie lont, après que j'eus fini, les marques me lurent prodi-
s. Suivant la méthode adoptée pour les cercles de \aris, j'avais demandé qu'un comité fût aussitôt formé, »<>ur promouvoir dans la ville de Lyon la fondation de cercles d'ouvriers.
Il fut constitué séance tenante, sous la présidence du
:olonel d'état-major Lion, dont la chaleureuse étreinte
ne révéla pour la première fois l'âme généreuse, bien
souvent éprouvée dans l'intimité que plus tard établit
ntn nous le travail commun.
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à ses Bases fondamental--. Le document qui porl> double nom devint le manuel de notre propagande ;' pendant vis -, > :1-' n'en eut point d'autre. Il etabufl
sait que, dans chaque ville, un comité local, compopersonnes appartenant à la cla - rait cl:
>nder. de développer et de soutenir les cercl Triera. C'était l'application de notre doctrine sociale.
Aspirant à organiser chrétiennement la so< ous
n'admettions pas, je l'ai dit, qu'on put Le faire sa; concours de tous les éléments qui la composent. La
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nciliation de la classe élevée et de la classe ouvri ■tait le but de nos efforts. Nos comités devaient, dans îotre pensée, servir de trait d'union entre les ouvriers ;t les patrons pour les rapprocher dans l'entente proîonnelle. Après trente-cinq ans écoulés, je crois incore, je crois plus que jamais, à la justesse de cette jonception. Je déplore (pie l'illusion démocratique, en séduisant beaucoup de ceux qui l'avaient d'abord embrassée, les en ait détournes : je crains que leurs efforts îe soient par là stérilisés.
Mais ce n'était pas assez pour nous de provoquer un nouvement, nous voulions lui donner toute son intensité >ar la discipline d'une forte direction et parla fraternité l'une association puissante.
L'instrument de cette discipline fut le secrétariat gèlerai, avec ses quatre sections dites de propagande, les fondations, d'administration et d'enseignement. La >econde section, primitivement créée pour promouvoir es cercles de Paris, dut étendre son action à la France entière. Son chef, ayant ainsi dans l'Œuvre la part prinîipale de responsabilité, reçut avec le titrede secrétaire général, la mission de coordonner le travail commun. 1 devint, en quelque sorte, le premier ministre du • nité qui délibérait sous l'autorité de son président, les uitres chefs de section formaient avec lui, pour continuer limage, le conseil des ministres. Sous cette appa- > parlementaire, l'organisation gardait l'esprit qui ivait souille sur son berceau. Le secrétaire général exerçait en pratique une sorte de commandement miliàire, surtout dans ce vaste champ de la fondation des omités dont il cumula d'abord la responsabilité a ielle de la direction d'ensemble. Lorsque, plus tard, lies furent séparées, le secrétaire g méral conserva oujours sur ce terrain une influence prépondérante.
Durant trente années, j'ai porté ce fardeau : a travers Dûtes les vicissitudes, toutes les obligations d'une vie publique pleine et agitée, j'ai réservé à cette fonction la
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l'intermédiaire desquels il dirigeait! tûtes de sa zone. L- rai en a
une énorme besogne. Pendant bien des années, ja, presque quotidiennement échangé avec mes collabo rateurs des notes de servie»' et de lettres intiro nos âmes s'épanchaient en exhortations mutuelles joyeuses et confiantes causeries. Nous formions vrai ment une espèce de communauté familia'
Cettefraternitéetait la e l'Œuvre et sonalim
Nous voulions qu'elle &t parmi les ou vri nm<
parmi nous. L'exemple <le> compagnonnages allemanfl des Geselli ne, formés entre les artisans d
Westphalie sens l'inspiration de l'aSbé Kœlping, noij stimulait. Pour établir entre nos cercles et toutes le? œuvres ouvrières qui voudraient s'affilier a la n !;e, clien commun, nous décidâmes, sur le conseil de Mai gnen. la création d'un Livret-diplôme qui contenu avec des conseils pieux et pratiques, l'indication d» toutes les villes où existait un cercle catholique. I