‹ Ma vocation socialeChapitre 53 sur 103 · VI. — l'oi im;<»\ [Ni · texte numérisé non relu

VI. — l'oi im;<»\ [Ni

nait d'an regard si pénétrant les causes profondes du désordre social, n'avait pas, à un égal degré, la connaissance et le goût des œuvras. Il les encourageait paternellement, mais plus intéressé par les idées qui les inspiraient que par les détails de leur action, il était pour elles un protecteur lointain plutôt qu'un guide assidu.

Cette protection nous était acquise. Nos déclarations catholiques, notre profession de fidélité au Saint-Siè noire adhésion publique au SyUàbus inclinaient, lYvèquo de Poitiers à une sympathie particulière envers nous. Des liens personnels m'attachaient d'ailleurs à lui. Fils d'un cordonnier du bourg de Pontgouin, en Eure-et- Loir, Louis-Edouard Pie avait été élevé par M. l'abbé Lecomte, professeur au collège de Nogent-ie-Rotrou, puis curé de la cathédrale de Chartres, dont le frère était régisseur du domaine de Voré, dans l'Orne, autrefois propriété d'IIelvetius et qui appartenait à mon beaupère, arrière-petit-lils du célèbre philosophe, lui-même mon propre trisaïeul '. Enfant, il venait souvent, de Chartres, voir M. Lecomte à Yoré, et il aimait, en rappelant ces souvenirs, à évoquer ses relations de jeunesse avec la famille de ma femme.

Il nous reçut donc avec une bienveillance marquée. Nous en éprouvions une reconnaissance, mêlée de quelque orgueil, et nous entendions bien en tirer profit pour nous assurer, dans le congrès, une prépondérance qui nous était jalousement disputée.

Les vieux directeurs d'œuvres, renommés parmi les catholiques pour leurs florissants patronages, voyaient avec anxiété notre petite phalange, née d'hier, inexpérimentée et cependant sûre d'elle-même, faire avec éclat irruption dans le domaine jusque-là réservé à leur in-

1. Helvétius (Claude-Adrien), né en 1715, morl en 1771, avait épousé Elisabeth-Charlotte de Ligniville, dont il eut deux filles : ùde, mariée au comte d'Andlau; Charlotte, mnriée au comte de Mun.

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vions à Poitiers comme des conquérants. Le fidèle et outable Boucault nous accompagnait, transportant avec lui le secrétariat, les documents à distribuer, les listes de membres de l'Œuvre a grossir, les actes d'adhésion à faire signer : tout de suite il installait un comptoir spécial dans le grand séminaire et commen-. çait militairement sa besogne, sous le i des direc-

teurs de l'Union et de son « Bureau central - ! .nnés de cette invasion.

L'accueil du grand évêque favorisait notre confiance en nous-mêmes. Il nous recevait en hôtes privilégiés. René de ï.a Tour-du-Pin. mon frère et moi. nous logions

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