VII. — TOUR DE FRANCE
Jâint-Cyr durant cette période avait à peine plus de rente ans. Ils n'eurent donc, aucune inlluence sur la lirection des opérations militaires et ne jouèrent, dans a guerre, qu'un seul rôle, mais qui fut héroïque. Eh 1872, l'Ecole put, dans un livre d'or en trois volun. tablier les biographies des élèves tués à l'ennemi : ils paient quatre-vingts.
La réunion d'Athis devait, au lendemain de cette ianglante hécatombe, prendre un caractère profondénent émouvant. Le Père du Lac, dont les relations avec noi n'avaient, encore, à cette époque, aucun caractère l'intimité, mais qui suivait, avec une ardente sympathie, es débuts de ma carrière publique, pensa qu'en raison le la curiosité inspirée a mon sujet par les récits des ournaux, ma présence serait un attrait pour ces jeunes ►fficiers, et que peut-être ma parole, en les excitant au lévouement chrétien, leur ferait quelque bien.
11 m'invita : j'acceptai avec empressement, et je n'eus jue le temps, aussitôt après le conciliabule tenu chez le ■rai de Charette, où j'avais refusé la candidature de Marseille, de sauter en voiture pour courir à Athis.
Quand j'y arrivai, le déjeuner était terminé, les •tliciers se promenaient sous la charmille et ce fut là (ue, monté sur une chaise, je leur parlai de Dieu, de la 'rance et des ouvriers. L'accueil chaleureux qu'ils firent
leur' camarade n'est jamais sorti de mon souvenir. Le emmandant des Carets, delà même tribune improvisée îe répondit au nom de tous avec sa grâce naturelle et la baleur de son cœur; et, dans ce jour d'hiver, sous ces litres sans feuilles, un enthousiasme commun rapprocha
s âmes. Des causeries s'engagèrent, plus intimes t plus précises; des liens se nouèrent; des amitiés
ébauchèrent : plusieurs, parmi les officiers rassemblés
ins la charmille d'Athis, devinrent bientôt d'excellents
'rviteurs de l'Œuvre.
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Ma visite
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La résolution de fond retraite analogue pdfl
les membres de l'Œuvré fut aussitôt - noH
esprits; le comité en adopta la pensée san~ il fut décidé (j aurait lieu à ubléd
érale, fixée cette année-là au milieu d'avril.
Nous avions, al ur aumônier un père jesuitedon
le nom est cher a tous ceiii qui l'ont connu. C'était l Père Hubin ; lorsqu'il mourut en 1883. pendant un voyag en Portugal. parmi nous, comme dans to;
groupes déjeunes hommes b i s'était §e son actio.
apostolique, une douleur universelle. Il reste de lui u portrait célèbre, l'une des plus belles œuvres de Pli lustre graveur Gaillard, que les amis du Père Hubi l'avaient prié d'exécuter pour eux. La physionomie fin et austère du saint religieux y revit tout entière ; mai*
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quelle que soit la perfection de cette œuvre d'art, elle ne saurait rendre la douceur qui atténuait l'éclat perçant du regard, le sourire charmant qui apnisait la rigueur du visage, et, quelquefois l'épanouissait joyeusement dans un mouvement de franche gaîté. Par ce mélange de force el de bonté, de grâce et d'autorité, le Père Hubin, llubinus, comme l'appelait Félix de lioquefeuil et, dans les moments où nousl'aimions davantage, llubinissimus, |yait pris sur nous un très grand empire. Plus apôtre que sociologue, il aimait surtout dans notre Œuvre son («prit surnaturel et son goût pour l'action : c'est à les lopper sans cesse qu'il s'appliquait, et ceux niènie qui, plus attirés par les travaux d'Ecole (pie par ceux de l'(l. uvre proprement dite, se plaignaient quelquefois de le trouver rebelle à leurs idées, recevaient l'irrésistible influence de sa direction spirituelle.
Il fut naturellement le prédicateur de notre première retraite et, pendant sept ans, jusqu'au moment, où Athis ferma ses portes, il exerça ce ministère spécial avec un lUCcès toujours croissant. Une remise voisine du château et, pour la circonstance, tondue d'andrinople, e vait de chapelle aux retraitants ; et je le vois encore là, assis derrière une petite table, sa belle tète grave et pensive se détachant sur la tenture rouge, tandis que l'aie, voix pénétrante il commentait ppur nous ces admirables (( Exercices », si propres à former les hommes.
La retraite de 1874 avait été plus nombreuse que nous le l'espérions ; celles des années suivantes le furent I davantage. L'usage s'établit immédiatement de les placer après les assemblées générales, qui, dès 187$, jurent toujours au mois de mai. Après une semaine ravail assidu, elles se terminaient le dimanche soir par in banquet organise dans la grandi4 salle de la Société l'horticulture, au n° 84 de la rue de Grenelle, ou avaient ieu nos séances: mon frère, avec une rapidité de magicien, la faisait, le dernier jour, transi' »rmer en une salle le festin brillamment éclairée. Là, nous échangions des
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rite du train d tir. A 1 ii d'Àtfa
par un sentier qui mont
nous mettions • . troublant
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ii( 3 pentes des j irdi (»ii. dans Le vestibule, <»n faisait l'a] donnanl a chacun le numéro d'à Lorsque le nom urafi
dépassait la centaine, la L On n ;
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dortoirs improvisés poui
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et situé au-des bus de la
abri rudimentaire, où, mon frère et n
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laient dès l'aube, et le cadet de la troupe qui était le :
«lue des Cars, descendait avec la cruche
à la pompe, pour des ablut ipidement fait
d s écuelles de terre.
Nous étions pleins d'une sain» ; on aurait dit un
tut bivouac. 1 are nouvelle pointait aux
de la charmille et du bosquet : la prai tait n.
ment s> , ues herbes : les violettes et le^ mup
fleurissaient sous les pas; les oiseaux chantais paix immense épanauissait. les cœ:
Le rèelen - le suivions avec une
ponctualité militaire, lue cloche, à laquelle nous obéiB| sions comme à un appel de trompette, annonçait les exercices. Hors des récréations, le silence était abpendant les repas, on lisait a haute voix, et les lec-