IX. i.i U S IG1 DE LIES
« Je ne vous décrirai pas tous les incidents des heures qui suivirent : point de cris, de chants, ni d'e\ d'aucun genre, niais do bons rires populaires; des applaudissements, quand un visage ami paraissait près d'une table, de la joie simple et naturelle : on aurait dit quelque ancien tableau des agapes chrétiennes.
« Le repas terminé, les ouvriers des différentes villes viennent se visiter. Peu à peu les groupes se fondent en une seule masse; la foule attend une parole qui vienne rendre ses émotions. Déjà le Père Jenner est debout au perron qui domine la cour; le silence s'établit comme par enchantement, et la voix puissante du prédicateur porle ses accents jusqu'aux derniers rangs des pèlerins.
« Dans une improvisation ardente comme celle d'un apôtre, il parle au cœur de ces nouveaux croisés. Tour à tour il acclame l'Eglise, Pie IX et la France, et des vivats sans fin lui répondent de toutes parts. Ce n'est ni un discours, ni un sermon; c'est un élan d'éloquence inspirée qui passionne et l'orateur lui-même et ceux qui l'entendent, et va chercher enfin sa dernière expression dans les accents sublimes du Magnificat! Les pèlerins subjugués, s'unissant à sa voix, élèvent jusqu'au ciel, dans un admirable concert, le témoignage de leur foi. Soudain la bannière de l'Œuvre apparaît, toutes celles des cercles se groupent à Be 3 : la foule, alors, se
serrant autour de son drapeau, jure de lui rester lidèle et s'écrie dans un dernier transport ; « Vivent à jamais les Cercles catholiques ! »
« Que vous dirai-je qui puisse rendre ce que nous éprouvions, nous les premiers serviteurs de cette Œuvre aujourd'hui triomphante? que vous dirai-je que vous ne sentiez vous-même ? n'était-ce pas la plus grande, la plus belle des récompenses?
« Un moment plus tard, la procession se déroulait lentement à travers le bourg. A l'une de ces extrémités, un autel en plein air attendait le Saint-Sacrement : les
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ind soleil glorifier leur Dieu !
« D'une voix haute et ferme, au milieu du universel. M-'1 Langénieu la France à la Vi rgs M irie, et la France sentée par deux mille de i du cœur cet acte soleni béni'
Inaire, où chacun ra raire les appr- La journée était Unie. Un pare sur les tables. La plupart em car le temps p t l'heure d igner !
Successivement, dans l'ordre où ils doivent s*eiri (pier. les contingents se mettent eii chacun
salué d'une suprême acclamation.
« A cinq heures, le l>.iuri r était camier
restait en arrière, atin de s'assurer que tout était en ordre, et je courus à la ^rare, dire à nos pèlerins un dernier adieu. Sur la nuit . in traînard, pas un retar-
dataire ; niais, bien loin déjà, les groupes cheminaient paisiblement, s entretenant des » 'motions de cette inoubliable journée. A la gare, l'embarquement fut termine en un clin d'œil, et les trains s ébranlèrent, tandis que les pèlerins répétaient comme à l'arrivée: Espérance de la France, ouvriers, soyez chrétiens ! »
« Tout était fini et, brisé par l'émotion plus encore que par la fatigue. j'ai voulu cependant retracer dès au-