Les dragons portaient à cette époque des épaulettes d'or
des plus brillants divisionnaires de l'armée de Metz, où il était sous les ordres du général de Ladmirault.
Au mois de juin, j'étais allé, de Vichy où j'avais accompagné ma femme, faire un discours à Lille; le corps d'armée était commandé par le général Clinchant, que ses antécédents, ses relations et ses idées personnelles rattachaient aux partis de gauche. Notre comité de Lille, sans m'en prévenir, eut la fâcheuse pensée d'envoyer son président lui demander une autorisation que rien ne rendait nécessaire, puisqu'il s'agissait d'une réunion strictement privée, et que, depuis près de trois ans, je parlais dans les mêmes conditions, sous les yeux de mes chefs, avec leur approbation, sans qu'aucune observation m'eût jamais été faite. La situation des officiers, au point de vue de la vie publique, n'était pas d'ailleurs, à cette époque, ce qu'elle est aujourd'hui : ils étaient éligibles et plus d'un appartenait à l'Assemblée. Le général Clinchant n'avait opposé aucune interdiction à la démarche du président, mais il avait manifesté, paraîtil, le regret que je dusse me montrer en uniforme.
Lorsque j'arrivai à Lille, j'ignorais et la démarche du comité et la réponse du général. Aucune communication ne m'y parvint de sa part. Ltant en permission régulière, j'allai, comme le règlement m'en faisait un devoir, me présenter au général commandant la place, qui m'accueillit très gracieusement. Je n'avais aucune raison de rendre visite au général en chef. La conférence eut lieu devant le préfet, deux généraux, trois ou quatre colonels et beaucoup d'officiers. Comment me serais-je cru dans un cas d'indiscipline? Depuis qu'il était ministre de la Guerre, le général de Cissey n'avait jamais manifesté le moindre mécontentement au sujet des discours que j'avais prononcés dans des circonstances analogues.
Cependant, quelques jours après, par une lettre adressée au gouverneur de Paris, le vice-président du Conseil, ministre de la Guerre, le chargeait d'infliger
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Ma bonne foi était entière. Sur le po lettre des règlements me couvrait ment. L
tionde l'autorisation était au moins obse i lettre ministérielle le prouvai <Jic-
tion entre la premier'- phrase, où le défaut d'aut< préalable m'était reproché, et la dernière où il • question de L'autorisation sollicitée et accordée : la fausse démarche du comité de Lille expliquait en partie cette confusion. Quant au port de l'uniforme, fa à Lille comme je l'avais fait librement à Par /on.
à Marseille, à Bordeaux, à Tours, et dans beaucoup d'autres villes. Sans doute cette liberté était anormale. et, à la distance où nous sommes des événements, elle semble en opposition avec le bon ordre de l'armée. Mais la situation du pays était anormale elle-même, et le nisation du septennat ne lui avait point en! tère provisoire. Enfin et par dessus tout, n'étais-je pas en droit d'invoquer, à ma décharge, les précédents si nombreux des années à peine écoulées, où mon initiative