MA ION
s'était produite ouvertement, loyalement, sous les yeux de mes chefs, avec leur haute approbation ?
Le bon général lit valoir ces raisons dans sa réponse au ministre, et, pour le moment, elles parurent suffisantés; car aucune défense ne me fut signifiée de continuer mes discours, ni de parler en uniforme, et 1 incident demeura clos.
Mais ce fut un premier coup de cloche. Les i^mps changeaient et devenai-nt menaçants. Depuis i . chec de la tentative de restauration, un vent nouveau soufflait dans les milieux politiques. Les esprits étaient aigris, chargés de rancunes et de défiances; le parti républicain sentait grandir ses espérances ; le ministère, affaibli par sa rupture avec les royalistes, maintenait avec peine sa situation. Kn vain croyait-il la fortifier en s'attaehant au septennat comme à un pouvoir définitif, et en prenant contre ses adversaires des mesures de circonstance.
11 suspendait V Union, coupable d'avoir publié un nouveau manifeste du comte de Chambord ; bientôt il allait, à cause de ses sympathies pour la cause carliste, suspendre V Univers. L'état de siège subsistant toujours au moins nominalement, c'était au gouverneur de Paris que revenait l'obligation de signifier aux victimes ces actes rigoureux. Il y répugnait, .l'entends encore de quel ton, lors de la suppression de V Union, il disait, en jetant son képi sur la table : « Le comte de Chambord a sifflé le contrat de mariage de ma fille ' : je ne peux pas lui faire cet affront. » Cependant il s'exécutait, par esprit d'obéissance. La fameuse suprématie du pouvoir civil, si souvent invoquée de nos jours, n'était pas alors inoins bien établie qu'aujourd'hui.
1. Le mariage de Mu* Alix de Ladmiraull avecleO <i'' Le Roche brochard, célébré L'année précédente àSaint-Germain-l'Auxerrois, avait été l'occasion d'une magnifique manifestation de sympathie envers lcgénénd, delà part de toute l'armeede Paris etdes membres du fïouvernornt'nt r\ do l'Assemblée nationale.