LE SERVICE DES REPARATIONS
OUTEFOIS, lorsque nous nous trouvâmes, dans la nuit et sous la pluie, perdus dans un faubourg de BouIogne-sur-Mer, M. Fage, ses chefs de service, moi-même et la voiture en réparation du prince Katastrofî, que nous portions depuis Paris sur nos épaules, il y eut un moment de découragement.
M. Fage, avec son autorité habituelle, eut vite fait de mettre les choses au point :
— C'est dix fois rien, dit-il, mais tout de même, n'oublions pas que nous sommes sur la route pour réparer la voiture d'un client. C'est évidemment le changement de vitesse qui est démoli et je n'ai pas l'habitude de rendre à mes clients une voiture en mauvais état. Il faut donc réparer le changement de vitesse et, pour cela, trouver naturellement un mécano. Inutile, ajouta gentiment M. Fage en me regardant, de s'adresser à
un grand garage, nous serions estampés. On va trouver un bon petit mécano connaissant bien son affaire et comme cela, ajouta-t-il en me regardant toujours fixement dans les yeux, cela vous coûtera moins cher qu'à Beauvais.
Suivant les immortels principes du service en cam* pagne, nous partîmes en éclaireurs dans les rues avoisinantes et, sans nous être donné le mot, nous cherchâmes le mécano rêvé, non point dans les rues qui montaient sur la colline, mais dans celles qui descendaient vers la mer — nous en avions assez de porter la voiture sur nos épaules à chaque montée.
Au bout de quelques minutes, ce fut M. Fage qui poussa dans la nuit des cris de triomphe significatifs. Entre deux chantiers de bois se lisait, peinte à la main sans prétention une pancarte ainsi rédigée :