‹ Macaire; chanson de gesteChapitre 18 sur 91 · I. Mémoires de l'Académie celtîgue^ t. I, p · texte numérisé non relu

I. Mémoires de l'Académie celtîgue^ t. I, p

liv Préface.

L'année suivante, l'histoire du chien de Montargis prend place , comme de raison , dans une Histoire des Chiens célèbres ^'), et avec des variantes qui donneraient à croire que l'auteur a trouvé des documents nouveaux. C'est ainsi qu'il attribue la haine de Macaire pour Aubri ù une querelle très-vive qu'ils auraient eue en jouant à la paume. Mais le renseignement le plus neuf est celui-ci : « Nous lisons dans un com « mentateur de Monstrelct que le chien avait « déjà sauvé la vie à son maitre quelques an- «< nées auparavant, et qu'il le tira par ses habits « des eaux du Gave, rivière de Béarn. »

J'ouvre une édition de la Morale en action datée de 1810. et j'y vois figurer avec honneur le chien d'Aubri de Monididier, « dont la mémoire, esl-il dit , a mérité d'être conservée à la postérité. »

Le 18 juin 1814 fut représenté pour la première fois à Paris , sur le théâtre de la Gaité, un mélodrame historique de Guilbert de Pixerécourt intitulé : Le Chien de Montargis y ou la Forêt de Bondy.

Certes, l'auteur avait bien le droit de s'emparer de ce sujet, historique ou non, et je n'ai garde de le lui reprocher; mais Guilbert de Pixerécourt n'était pas un simple dramaturge : C*é(!iit de plus une manière de tibliophile et qui M piquait de quelque érudition. Il aurait donc

I. Pir A J Frçvi.ic. a vol.in-ii. pjris^ 1808. Une pente gravure, reprHrniini le chien qui uisit Macjirr i \i gorge, iccompjgne le récit.

Préface. Iv

pu se dispenser, par cette raison , de joindre à l'édition de sa pièce (') la note historique qui la précède , ainsi que les noms des auteurs qui rapportent ^anecdote et sur lesquels on a dû s'appuyer.

Ce mélodrame eut le plus grand succès dans sa nouveauté (2). Je l'ai vu représenter vingt ans plus tard, mais sans que ma curiosité pût endurer Pépreuve jusqu'au bout ; et aujourd'hui, en le comparant au poëme que je publie, je m'assure que la littérature populaire du moyen âge n'était nullement inférieure à celle du commencement de ce siècle.

i. Paris, Barba, i8i4,broch, in-8 .

2. Succès durable, car la pièce resta au répertoire jusqu'en 1835. On la joua presque sans interruption pendant vingt et un ans, et en 183 1 notamment on ne trouvait rien de plus intéressant à donner au public en un jour de représentation gratuite.

Elle a été reprise il y a onze an?, le ?o avril 1 8 n , toujours sur le même théâtre. Parmi les pièces détachées conservées à la Bibliothèque impériale , se trouve une feuille volante déposée à cette époque, et intitulée : Notice sur le fait historique qui a donné lieu à la pièce du chien de Montargis.

Cette reprise donna lieu à un article de journal ayant pour titre : Les animaux dramatiques^ et signé Charles Richomme. {Journal des Darnes^ mai 1853.) J'y puise les renseignements ci-après , que j'ai pu vérifier, et même compléter. Dans le mélodrame de Guilbert de Pixerécourt figurait un chien (le chien d'Aubri) , auquel l'auteur avait donné le nom de Dragon. Ce rôle fut créé dans l'origine par un caniche nommé Vendredi ^ appartenant à l'un des administrateurs du théâtre de la Gaîté. Parmi ses successeurs on cite avec éloge Catulle, qui avait été dressé par un artiste du même théâtre et qui recevait 5 fr. de /eux par représentation. Enfin, en 1853, Miro, qui s'était déjà fait connaître avantageusement dans la Bergère des A Ipes , trouva dans la reprise du Chien de Montargis l'occasion de nouveaux succès.

I?| Préface.

Un Album du dépjrtement du Loirrt publié en 1827 (') renferme l'nistoire sommaire du chAteau de Montarpis, et, bien entendu, la mention de la cheminée au-dessus de laquelle se voyait la peinture faite sous Charles VIII. Cette date est exactement indiquée d'après Androuet du Cerceau; mais pour ce qui est du combat, on ne sait comment l'auteur, homme sérieux, s'est avisé d'annoncer ii ' ' " •! raconter «■ ce fait si souvent embelli et r, en suivant les ver-

sions de Belleforest , d'Expilly et de Scaligcr , » pour s'éloigner ensuite de ces versions autant qu'il le pouvait. Exemple :

*' Un soldât de l'armée de Charles \'!II , « nommé Macaire, rencontra dans la forêt de «« Bondi un marchand appelé Mondidier, accom- « pagné de son chien , et l'assassina. »

Soldat, CharUs VIII, marchand, Mcndidier! autant de nouveautés qui ne se rencontrent que dans VAlhum du Loiret. Un autre album publié en i8?o. et composé de gravures pour servir à l'histoire de France d'Antjuetil (^>), en contient une avec celte légende : «< Singulier duel qui eut lieu l'an M71, par ordre du Roi, entre le chevalier " ^* et le chien dit de Montargis (dessin de . .^ .j..t . »» C'est une mauvaise réduction de l'estampe (le Montfaucon , reproduite ici on ne sait pourq-ioi, puisque le chien de Montargis n'est pas même nommé par Anquctil.

I ' Vffgojud Rotiugnni, 1;

Wi'irA Vitn llocqtun, :-; .

Préface. Ivij

En 1834, le Magasin Pittoresque, à ses débuts, n'oublia pas le chien de Montargis ('). Il respecta le récit de Vulson de la Colombiere, et le reproduisit après Montfaucon; mais la gravure que cet auteur a donnée dans ses Monuments de la monarchie françoise lui parut « empreinte du goût de la Renaissance... Les costumes sont en partie romains » (proposition bien difficile à établir). En conséquence, il en publia une nouvelle avec costumes du XIV^ siècle, et cette gravure a eu beaucoup de succès à Montargis (2). L'auteur de la notice n'ignorait pas que le chien de Montargis avait été considéré comme un animal fabuleux, et il a jugé prudent de le dire; mais quoi ! « il n'est rien au monde, ajoute-t-il, dont l'existence n'ait été contestée au moins une fois.» Sa conclusion est celle-ci : « Inventée ou réelle, l'anecdote est curieuse. »

A la bonne heure ! le lecteur est averti. Mais que dire de la biographie ci-après , annexée en 1855 à la Description historique et pittoresque du département de la Somme , par MM. H. Dusevel et P. A. Scribe (f)?

<( AuBRY DE MoNTDiDiER, ainsi appelé du lieu (( de sa naissance, était un chevalier plein de « courage et fort aimé de Charles V, qui lui avait

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