‹ Macaire; chanson de gesteChapitre 23 sur 91 · Voyez ci-après, p · texte numérisé non relu

Voyez ci-après, p

xc Préface.

En France, à Paris, où il vint au moins deux fois : la première en i io6, à l'âge de vingt ans, la seconde, dix ans plus tard, en i 176 ('). Il y séjourna en loui sepi ans, et, jeune comme il Pétait, et curieux, et enclin à croire les récits merveilleux, il ne put manquer de s'intéresser à ceux des jongleurs tout en étudiant la théologie et les décrétales. De là, selon moi , le souvenir adapté au récit de saint Ambroise par Gérald le Cambrien dans l'itinéraire du voyage qu'il fit, en 1 188. avec l'archevêque de Cantoroéry. La date •' ci-dessus à la composition de notre ;. lavorise cette explication, et réciproquement, l'explication une fois admise, achève de justifier la date.

C'en est assez et trop peut-être sur 1 origine de la fable du chien. Terminons l'examen de la composition où cetie fable tient une si grande place.

Dans son étude sur la légende qui forme le fond de la chanson dc^filcal^c, M. Svend Grundtvip parait croire que le personnage du nain est d'invention française. C'est tant pis pour notre auteur, il ne pouvait rien imaginer de plus grossièrement déplaisant , et le malheur est qu'il semble en avoir eu conscience. L'empereur ôc Constaniinople , informé par un messager de

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ngluk by tir Hithêrd Coït Hoare Londres, 1806. l vol. 111-4.

Préface. xcj

Charlemagne du crime dont sa fille est accusée, se refuse avec indignation à la croire coupable : (( Non, dit-il, ma fille n'a pu commettre un tel péché... et avec un nain encore! » Cette invraisemblance le révolte.

Le grotesque, sinon Podieux de la combinaison, disparait dans deux poèmes postérieurs où elle est de nouveau mise en œuvre : le poërne de Florent et Octavien (i) et celui de Doon de la Roche(/). Dans le premier, c'est un varlet ; dans le second , c'est un garçon qui joue le rôle du nain. Mais on assiste toujours à cette scène grossière, tandis que dans le poëme anglais de sir Triamour un goût plus délicat l'a mise en récit, substituant d'ailleurs , comme on l'a vu ci -dessus, un chevalier inconnu aux personnages ignobles qui figurent dans les trois chansons françaises (5).

Parmi les ressorts que notre poète a mis en jeu pour le mouvement de sa composition, il en est un singulier qu'il n'a pas créé sans doute,

1. C'est un poëme encore inédit, en vers alexandrins, que je crois du XIV^' siècle, et dont on connaît quatre manuscrits, conservés trois à Paris, à la Bibliothèque impériale, et le quatrième à la Bibliothèque Bodléienne d'Oxford.

2. Poëme inédit en vers alexandrins, qui me paraît du XIIF siècle , et dont le manuscrit unique est au Musée britannique (Manuscrit Harléien, 4404).

3. L'auteur de 5/V Triamour n'a pas imité seulement notre poëme ; il s'est inspiré aussi de celui de Florent et Octavien. Son Aradas, roi d'Aragoii, qui regrette si fort de n'avoir point d'enfants, est dans la même situation qu'Octavien :

Dolans fu Cemperere qui moult fisî à prisier Qu'avoir ne poet eifans de sa gente moullier.

xcij Préface.

car il s'en sert comme de chose déjà connue et admise, je veux parler de ce signe que porte sur l'épaule droite le jeune fils de Charlemagne, et

3U1 pour des yeux clairvoyants est un sûr inice de sa royale origine. C'est une espèce de sceau ou de marque de fabrique dont Tidée vient on ne sait d'où, à moins d'accepter sur ce point les renseignements très -précis que nous donnent les RcaIi di Francia dans un curieux passage , déjà noté par M. \Volf(0. Le second livre de cette compilation italienne, qui contient une version fort libre du poëme de Floovjntj débute par une sorte de petit traité ex professa sur la question qui nous occupe.

« Fiorello ou Klorel , roi de France et petit fils de Constantin , était fort affligé pour plusieurs raisons, mais surtout parce qu'il ne pouvait avoir d'enfants. Il fil donc des vœux, alla en pèlerinage à Rome, et de là au saint sépulcre, toujours priant Dieu de lui donner un héritier à qui il pût transmettre sa couronne. Il fut exaucé : sa femme devint grosse après vingt ans de stérilité et mit au monde un fils qui portait sur l'épaule droite une croix de sang entre cuir et chair. De là vient ce qu'on dit de la croix vermeille que portaient sur l'épaule droite les héritiers de la noble maison de France. Ce fut le premier enfant qui naquit avec ce signe couleur de sang : aussi reçut-il au baptême le nom de f,-.- — ç^ qyj revient à dire, en français, Fi , ou : Kn avant la fleur! Plusieurs

personnes présagèrent qu'il serait roi de France

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