‹ Macaire; chanson de gesteChapitre 25 sur 91 · Reali di Frauda^ lib. II, cap. I · texte numérisé non relu

Reali di Frauda^ lib. II, cap. I

j. Manuscrit de la Bibl. imp., Sorbonne, 446, fol, 67,

xciv Préface.

meille il a fait une croix blanche , ou bien c'est après lui que cr ' ' se sera modifiée, et que la croix , a devenue vermeille.

Kn somme , 1 examen J ipaux élément

de sa composition n'est i i défavorable a

ce vieux trouvère , qui de nos jours eût pu être un bon di ■ e et se faire applaudir sur nos

théâtres u cvards à plus juste titre que ne

l'a été son faible imitateur Guilbert de Pixeré court. La chanson de Macaire, en effet, n'est point une épopée, mais bien l'étoffe d'un grand mélodrame : aussi en a-t-on taillé un dans le seul morceau qui en restât. Quelques fils du lissu peuvent bien ne pas appartenir à celui qui Ta tramé . mais le reste lui tait encore une assez beiîe part et permet de croire qu'il n'était pas mdigne du succès qu'il a obtenu.

Un tel genre de succès, celui qu'on demande aux lettres, peut se composer de deux éléments : l'henncur et le profit, ou se réduire à l'un des deux seulement , soit par la force des choses, soit par la volonté des écrivains. (Quelles furent, à , ..f /.<fu,î i.v ..spirations des auteurs de nos c: . et en particulier de celui qui

nous occuper «question curieuse, qu'un contemporain pouvait seul bien résoudre; et précisément il s'en trouve un qui l'a résolue, tout juste à propos de notre poème. C'est encore le moine d'- ^" ■' Fontaines, dans le passage ci-dessus r.i où il dit :•' Toutes ces inventions, pro-

pres sans doute à divertir un auditoire, à y provoquer le rir'- •• " '-ne les larmes, sont cepen dani trop élo., j la vérité historique. Elles

Préface. xcv

n'ont d'autre but que le gain. Lucri gratia ita composita (>).

Voilà donc notre auteur et ses confrères accusés d'être plus sensibles à l'argent qu'à la vérité et à la gloire. Peut-être y a-t-il un peu d'humeur dans ce jugement du moine de Trois-Fontaines. Peut-être se place-t-il trop exclusivement à son point de vue d'historien. Cependant, il ne laisse pas de rendre justice à la chanson de la Reine Siblky puisqu'il la trouve fort belle ; et , d'autre part, si l'on remarque que cette chanson est anonyme comme presque toutes les autres compositions du même genre et du même âge, on est disposé à croire que ce clerc a bien jugé les littérateurs laïques de son temps. S'ils avaient visé à l'honneur plus qu'à l'argent ou seulement autant, auraient-ils négligé de signer leurs ouvrages ? La signature se montre avec la prétention à l'art, c'est-à-dire à la gloire, et voilà pourquoi, selon moi , il y a bien moins de compositions anonymes dans le second âge de la poésie française que dans le premier , dans la période qui commence à Chrestien de Troyes que dans celle qui précède.

Quoi qu'il en soit , cette question en amène une autre, celle de savoir comment notre poète put réaliser le gain en vue duquel il écrivit sa chanson , s'il en faut croire le moine de Trois- Fontaines. De deux choses l'une : où il était son propre éditeur, c'est à-dire qu'il s'en allait luimême débiter son récit , ou il lui fallait traite* avec les jongleurs , ces éditeurs ambulants du

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