I. Hhtoirts prûdigi*'"' éhiséej en six tomes. C'est
àêm k tkxièmt tome rar l. D. M. (Jean de Mar-
coarttk), que m uouvf ^^li- giavure, i la p. )i. In-i8, Fifii, f CivdUt, I {98.
Préface. xxix
pinceau sur le manteau d'une des cheminées de la grande salle du château de Montargis, et là il paraît certain que Macaire n'était point enfoui et qu'on le voyait en pied, libre de tous ses mouvements. J'essayerai de le prouver tout à l'heure, et je justifierai en même temps la date que j'assigne à la peinture de Montargis, tant de fois mentionnée comme remontant jusqu'au règne de Charles V. Je me borne en ce moment à indiquer l'origine évidente du nom si populaire sous lequel sera désigné plus tard le chien d'Aubri. Jusque-là, Montargis n'était pour rien en cette affaire, et il n'en était question ni de près ni de loin.
Vers la fin du XV^ siècle ou au commencement du siècle suivant, un poëte qui mourut en 1523, ou envirofl,
Le bon Crétin au vers équivoque
comme disait Clément Marot, n'oublie pas d'alléguer en faveur de la gent canine l'exemple de l'immortel lévrier, dans son Débat entre deux dames sur le passe-temps des chiens et oyseaux :
Lévriers sont chiens; direz-vous du contraire? Je croy qu'il n'est si simple créature Qui ne ayme bien quelque beau chien retraire^ Entretenir y veoir, nourrir, et attraire Auprès de soy, ou trop se desnature; Car ung chien est de si bonne nature Qu'il ne peult veoir à son maistre debatre Homme vivant, sans le vouloir combatre.
XXX Préface.
La brièveté de cette allusion prouve qu'au temps de Crétin l'histoire était de toute notoriété,
fmisque deux mots suffisaient pour en réveiller e souvenir. Mais le témoignage d'un pocte n'était pas de nature à la rendre plus croyable. Bien au contraire, celui d'un grand érudit, d'un critique aussi sévère que Jules Scaliger, devait lui imprimer un cachet d'authenticité fait pour commander la confiance. Ce témoignage ne lui manqua pas. «< Loin de former quelque doute, dit Bullci i' , sur la vérité de l'histoire, Scaliger la rapporte comme une preuve éclatante de la fidélité et de l'attachement des chiens à leurs maîtres, »> et cela avec sa plus belle latinité, avec le plus grand sérieux du monde, avec une admiration qui ^ "'lue jusqu'à l'enthousiasme. En effet, pour . .v r la mémoire d'un pareil trait,
la peinture lui parait msuffisante; il voudrait que le c' — i'Aubri fût coulé en bronze. Picta est Cû' -la in cxnaculo quodam rcgio. Pictura,
vctusiaïc dtlutior at^ue obscurior factûf regum man-
dato iemel r. ' - "'uirataest, dignaprorsus
gaUtca m.i. . drc fuiili assequatur
pirenmtaum{'>).
Il partaceait le sentiment de Scaliger, ce per-
I. /,<! i'otr.n dt Cunijumr iretin, Paris, Couilclicr, 17*1, I vol ift-iJ, p 87