I. D<n« \à dJwrttltinn dont il ifn parlé plus loin
). Voyrs k licil éam ootie Appendice , mus le 0° VI , p. |ji-|n.
Préface. xxxj
sonnage que Guillaume Bouchet a mis en scène dans ses Serées^ et qui gardoiî comme or l'histoire pour laquelle le seigneur de l'Escale demandait les honneurs du bronze (').
A défaut du ciseau, le burin continua ce que le pinceau avait commencé. Vingt ans environ avant la fin du XVI^ siècle parut une estampe anonyme en tête de laquelle on lit :
LE COMBAT D'UN CHIEN CONTRE UN GENTIL- HOMME QUI AVOIT TUÉ SON MAISTRE FAICT A MON.TARGIS.
C'est, à n'en pas douter, la reproduction de la peinture dont j'ai fait mention ci-dessus, et à laquelle j'ai assigné pour date le règne de Charles VIII. Voici comment se justifient à la fois et cette date et le rapport de l'estampe à la peinture.
Quoiqu'il ne reste plus rien aujourd'hui du château de Montargis, on peut encore s'en faire une idée assez exacte, grâce aux quatre planches qu'Androuet du Cerceau a consacrées à cet édifice dans le premier volume de Les plus excellents Basîiments de France^ publié en 1 576. L'une des planches donne une vue de la grande salle , où
I . « Puis nous va dire que ce cousin gardoit comme or l'histoire d'un chien qui fut si fidèle à son maistre, après sa mort, que toutes les fois qu'il trouvoit celuy qui l'avoit assassiné et occis de guet à pent, il l'assailloit et se ruoit sur luy ; si bien que par ceste conjecture, et que le chien alloit souvent où avoit esté enterré son maistre, qu'on trouva là, il fut convaincu d'homicide : comme il se trouve escrit et pourtraict en une sale de Montargis. » {Serées de Guillaume Bouchet, liv. i^r, septième serée^ p. 230. Rouen, 1635.)
xxxij Préface.
l'on aperçoit deux cheminées : la première au milieu de la longueur, en face du spectateur; la seconde, à lextrémité de gauche. Des peintures
3ui ornaient le manteau de ces deux cheminées, u Cerceau n'a figuré l'une que par des traits indistincts ; il a pris soin, au contraire, d'indiquer le sujet de l'autre, celle qui surmontait la cheminée du milieu, par un croquis léger où l'on dislingue fort bien un champ de combat, clos par une l ' • îe ; au milieu de ce champ, un homni i par un chien ; à gauche, un tonneau ; et autour de la balustraue, des spectateurs. Le même sujet, la même disposition, se retrouvent dans notre estampe. N'en est-ce point assez pour conclure qu'elle reproduit la peinture du chÀleau de Montargis ? Si l'on en doutait, certains détails de l'estampe, que ne pouvait relever le crayon de du Cerceau dans un croquis presque microscopique , suffiraient i\ dissiper toute incertitude. Mais, avant de les signaler, il faut rapporter un passage de la notice que renferme le • ' volume de Les plus excellents
Bastimenîs :f sur IcchAteaude Montargis.
V En ce lieu, dit l'auteur, les Roys ont sou- « ventefois fait leur résidence ; et neantmoins a n'est l'on certain oui ont esté ceux qui ont '( faict bastir ces édifices, sinon qu'il se trouve « au bas de la couverture de 1 ' r de la •' grand'salle, où sont les armes c^ ; .....ce, ces u mots : Charles huitiesmf., combien que par u là on ne puisse inférer que ce soit luy qui seul a ait fait faire les autres bastimens, comme c estans beaucoup plus anciens, et de divers u temps que de son règne. »
Préface. xxxiij
Ce passage éclaire précisément le point que nous avons en vue, le seul qui nous intéresse, c'est-à-dire qu'il fixe la date de la construction de la grande salle où figurait notre peinture, en quoi l'estampe qui, selon nous, la reproduit vient à point nommé confirmer le témoignage de du Cerceau. En effet, on y remarque des coiffures de femme d'une forme allongée et conique, en pain de sucre comme nous dirions vulgairement; et c'est là tout juste une mode qui finit avec le XV^ siècle. Cette coïncidence sert en même temps et à mieux dater la peinture, et à compléter la preuve que l'estampe qui nous occupe n'en est que la reproduction.
Si au XVI^ siècle on avait eu souci de ce que nous appelons maintenant la couleur locale , et si l'on pouvait croire que, pour donner cette couleur à son œuvre, l'auteur de l'estampe gravée vers 1580 (1) ait eu l'idée de rappeler une mode antérieure de près d'un siècle, notre argument serait aussi faible qu'il nous paraît solide. Mais chacun sait à quoi s'en tenir sur ce point. Si quelques détails de l'estampe, comme les plumes qui ornent les coiffures des hommes, ne sont pas du XV^ siècle, mais du temps du graveur, c'est sans aucun doute que, retenant de la peinture obscurcie ou endommagée ce qu'il en pouvait voir encore, pour le reste, pour les parties effacées, il prenait ses modèles autour de lui (2).
1. Je m'appuie pour lui donner cet âge sur le sentiment éclairé de M. Thomas Arnauldet, du cabinet des estampes de la Bibliothèque impériale.
2. Je n'avance rien ici sans avoir pris Pavis d'un juge Macaire. c
xxxiv Préface.
Il serait superflu de décrire cette estampe que chacun peut voir à la Bibliothèque impériale («)• Notons seulement que, comme dans le croquis dont nous parlions tout à l'heure, Macairc y est figuré en pied et non enterré jusques au fan du corps, selon l'indication d'Olivier de la Marche
[)isons aussi, pour en finir, que l'auteur du croquis et celui de l'estampe pourraient bien être le même, à savoir Androuet du Cerceau. L'âee de la gravure permet de le croire, et si on la compare à celles que renferment Les plus excellents lUsîiments de France, celte supposition devient presque une certitude.
Peu de temps avant l'époque probable de la publication de cette gravure, en 1^71, un nouveau récit de l'histoire du chien d'Aubri avait paru dans un lecueil d'Histoires prodigieuses où il était fort à sa place. Ce récit n'est qu'une amplification de celui de Scaliger, ou du seigneur de l'Escale, comme dit l'auteur, lequel est un de nos anciens historiens, mais non des meilleurs, F. de Belleforest. Scaliger, sans doute pour ne pas compromettre sa latinité , avait évité avec grand soin d'écrire aucun nom propre. Belleforest, à son exemple, ne nomme pas aavantage les
ddni U rfimpMmce ett bien connue , mon confrère ci ami M. Jo' Mt.