P. II, V
Et s'est Macaires traveilliê et peiné.
Le texte de Venise dit /rav^/c seulement; mais il est rare que ce mot ne soit pas accouplé au mot peiné, comme dans ce vers :
Et moi et eus traveilliés et peines.
{Foulque de Candie, ms. de la bibl. de Boulogne-sur-Mer, fol. 270 r», col. 2.)
■ P. 12, V. 20 : 7/2 bona ora fust né. C'est ici le calque de la locution italienne : En huon' ora fusti nato. On disait ordinairement en français de bonc ore. V. Raynouard, Lex. rom., III, 538, sous hora.
Çoiant fo e baldo e aie.
aie, d'allegro (comme plus loin ré de reo, eré d'eretico). Ces formes sont inadmissibles en français. On trouve pour allegro, haligre :
Li plus haligres a le corps empiriet.
{Prise d'Orange, ms. de Boulogne-sur-Mer, fol. 10 r», col. 2 )
Mais c'est liés (de latus) qui est le plus souvent employé et d'ordinaire avec les mots baus tljoians.
P. ij,v. 2:
Com la porroit deçoivrc et engignier.
Ces deux verbes sont le plus souvent réunis pour exprimer l'idée de tromperie, de trahison. Exemple :
Por lui deçoivre et por lui angignicr.
{Gaydon, p. 272.)
P. 1 3, v. ^ : uns maus nains boccrcs.
J'ajoute ici au texte de Venise, parce qu'il me paraît difficile de le rétablir autrement ; mais c'est ce texte même qui me fournit l'une des additions. Le nain y est qualifié méchant un peu plus bas. et quant à l'épithète de boceris ^ je ne crois pas lui faire tort en la lui appliquant , puisqu'elle ne messied pas à Oberon dans le poëme de Hiion de Bordeaux :
Et dist Ceriaumes : C'est li nains boceré.
Atant es vous le petit boceré.
(P. 97.) D'ailleurs, dans la version en prose de notre poëme que renferme le Ms. B. L. F. 226 de la Bibl. de l'Arsenal, le nain, q^ui s'appelle Segoncon, est « petit, bossu et contrefait. «
P. 1 3, V. 8 et 22 :
Riche en feras tôt le tien parenté.
Si l'on veut éviter la répétition de ce vers, on peut lire, une fois, comme dans Gaydon, p. 7, v. 11 :
Toz tes lingnaigcs i aura recovrier.
Lez la roîne quant serés acostés.
AUSCANS, p. 108 :
S'est Rainouars datés lui acostés.