‹ Macaire chanson de geste publiée d'après le manuscrit unique de Venise, avec un essai de restitution en regardChapitre 114 sur 118 · V. Ducange, au mot laignerium · texte numérisé non relu

V. Ducange, au mot laignerium

P. 47, v. 27 : ne me le va celant (texte italien : di m ' 0 segurement). Huon de Bordeaux, p. 89 : ne m’alis pas celant , ou, si l’on veut : di le moi vraiement. Cf. Gaydon, p. 78.

P. 49, v. 7 : ardoir el feu ardent , ou en feu ardent. Ja la verrai ardoir en feu ardent.

(Amis et Amiles, ms. fr. 860, fol. 99 vo, col. I.)

Or li nains art, li traître puslens.

On lit dans Gaydon, p. 1 3 2 :

Hertaus l’angoisse, li traîtres puslens.

Et plore et plaint et ses poins vait tordant.

Cf. Huon de Bordeaux, p. 37.

Et prie Dieu cui tos li mons apant.

Cf. Gaydon, p. 310, v. 30, et passim.

Si la rime était en i, on pourrait conserver le mot majesté du texte italien, et lire :

Et prie Dieu de sainte Majesté.

Parise la Duchesse, 2e édition, p. 1 1 :

Damedeu réclama de sainte Majesté.

A grant merveille fu Kalles droituriers.

362 MTacaire.

C’est une épithète souvent attachée au nom de Charlemagne dans nos anciennes chansons de geste. Exemple :

Je sui .1. hon Kallon le droiturier.

( Aspremont , ms. fr. 249$, fol. 97 r°.)

P. ji , v. 12 et 14, ces deux vers se retrouvent ainsi aans la chanson à’Aliscans :

Tôt li gehi, n’i laissa que conter.

De che k’il pot savoir ne ramenbrer.

(P. 26, rec. des Anciens poètes.)

P. 51, v. 16 et 17;

Si corn ençainte de fil 0 de fille ert,

Que Kaliemaines ot en ele engenré.

Je m’éloigne ici forcément du texte de Venise pour me rapprocher d’un texte français où l’on trouve pareille situation :

Je sui de vos ançainte, de verté le sacher ,

Ou de fil ou de fille...

( Parise la Duchesse , p. 19.)

Pour la locution du second vers, que Kaliemaines, etc., elle est commune :

Et si ai feme que jou ai espousé

Et biax enfans qu'ens li ai engerri.

( Huon de Bordeaux , p. 83.)

De cele chose dont la vont encorper.

J ’ai substitué ce dernier mot au mot calonçer du texte vénitien, non que cialenger ou chalonger ne soit trèsfrançais, non que son origine, et loin de là, lui refuse le sens qu’il prendrait ici ; mais je ne le trouve nulle

Eart employé dans nos chansons de geste avec ce sens. >ans ce passage à’ A mis et Amiles , par exemple :

Ancui voldrai ma dame chalongier Envers Hardré, le cuivert renoié.

Notes.

c’est le défenseur et non l’accusateur qui se sert du terme chalongier. Au contraire, le mot encorper se retrouve partout au sens d’accuser, d’inculper, et particulièrement dans Gaydon :

Ce devez vos jurer,

Dont voz avez mon seignor encorpi.

Car quant vers Karle fui à tort encorpez.

Encouper n’est qu’une autre forme du même mot : Se traïssons ne vous va encoupant.

H u on de Bordeaux , p. $7.)

P. SJ, v. 17 :

Ens en ma chambre le mist il à celé.

On trouve plus fréquemment à celée. C’est la forme ordinaire; mais parfois on emploie la forme masculine, comme dans cet exemple :

En .1. gardin, coiement, à cheli.

( Bueve d’Hanstone , ms. La Val. 80, fol. 2 r», col. t.)

P. sj, v. 2 j. On pourrait lire aussi :

Adont me pristrent si me firent loier, d’après ce vers de Huon de Bordeaux :

lluec le prist et se le fist loier.

Tos ses pechiés m’a gehis et contés.

Patenté, du texte vénitien, et son composé apalenter qui se lit plus bas, v. 11, ne sont pas français; le compilateur les a substitués à des mots tels qu çgehir (avouer), acertener, acréanter :

A lui s’est lues li enfes confesés Tout li jehi , n’i laissa que conter.

( Huon de Bordeaux, p. $7.)

364 Macaire.

Si com par eie ne fu dis ne pensés ; ou mieux peut-être :

Que mais par ele....

P. 57, v. 1 2 : Voyez ci-dessus la note sur le vers 16 de la p. 51.

Que ne se laisse ne véoir n’esgarder.

Ou que ne se laist. On trouve les deux formes, nonseulement pour ce verbe, mais pour beaucoup d’autres. L’auteur de Gaydon, par exemple, dit, p. 106 :

Cil Dex de gloire,

Il saut et gart le riche duc Gaydon.

Et p. 230 :

Jhesus de gloire nos sauve tel parent.

P. 59, v. 25 : terrier (territoire).

De Bordiax virent les murs et les terriers.

{Huon de Bordeaux, p. 286.)

Vos, li viel homme, garderés le terrier.

( Raoul de Cambrai , p. 76.)

P. 61, v. 3 : Et vueil je Volricr , ou plutôt, selon l’expression consacrée : Bien fait à otrier.

Aubri ot nom

J’ai le plus souvent écrit Auberi et compté ce nom pour trois syllabes; mais parfois j’ai dû le réduire a deux et l’écrire Aubri , en quoi i’ai suivi l’exemple du trouvère auquel nous devons le poème d’Auoeri le Borgoin ou le Bourguignon. Presque partout dans ce poème le nom du héros se lit ainsi : Auberi ,

Notes. 365

ce qui n’empêche pas de lire au début de la chanson :

Bone chanchon du temps anciennor.

Du duc Basin à la fiere vigor,

Et de son fil A ubri le poignéor.

(Ms. de la B. I., fr. 859, fol. 1.)

Auberis sire, alés vos aprester.

Huon de Bordeaux, p. 149 :

Or fai dont tost, si te va aprester.

Aparillier, conréer, atorner , a do ber, s’emploient au même sens.

Et ceint le branc, sans plus, à son costé.

Corer, du texte italien, est inadmissible.

P. 63, v. 2 : Si se mist à l'errer.

Si pensent de l’errer.

[Gui de Bourgogne , p. 7.)

D’armes se vest et d’autre garnement.

Prise d’Orange , ms. de Boulogne-sur-Mer, fol. 54 r°, col. 1 :

Et beles armes et autre garnement.

P. 65, v. 1 : à un pendant ou en un pendant, comme dans cet exemple :

Le tref le roi coisist en un pendant.

[Ogier, II, p. 4oj.)

P. 6$, v. 4 : en oiant, locution difficile à expliquer

littéralement , mais fréquente dans nos anciens poèmes :

Li arcevesque se leva en estant Et lut le brief hautement an oiant.

(Aspremont, ms. fr. 2495, fol. 69v‘.)

Et a parlé hautemant en oiant.

(Idem, fol. 74 r° et v '.)

il nos vait malement,

locution fort usitée au moyen âge :

Par Deu, Ogier, or vos va malement.

(Ogier, II, 322-)

En non Deu, rois, or voz vait malement.

( Gaydon , p. II}.)

Bien vos serai à mon pooir garans.

Huon de Bordeaux, p. 88 :

Cil Dix vous soit garant.

Qui de la Vierge nasqui en Belléant.

Idem , p. JS :

il m’ala maneçant

Qu’il m’ociroit, ja n’aroie garant.

D’ele ferai trestot le mien talent , *

ou encore :

D’ele ferai mon bon et mon talent.

Gaydon, p. 289 :

Faire en voloit son talent et son bon.

P. 67, v. 2 : Non fras, pour feras.

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