V., par exemple, Otinel , p. 25, v
Por la roîne que je ai à guier.
N OTES.
Huon de Bordeaux, p. 114 :
Et tous iciaus que tu as à guier.
P. 67, v. 19 : chalengier. V. ci-dessus la note sur le vers 20 de la p. 5 1 .
S’Auberis fust fervestus et armés.
Huon de Bordeaux, p. 149 :
Car, se je fusse fervestus et armés.
Et brandist l’anste où ot bon fer d’acier.
J’emprunte ce dernier hémistiche au poème de Gaydon :
La hanste prent où ot bon fer d’acier.
Et Auberis n’ot fors le branc d’acier.
Huon de Bordeaux dit, en employant le même tour :
Et je n’avoie fors m’espée trençant.
P. 69, v. 8 : hom desarmés — ou desgarnis.
Huon de Bordeaux, p. 23, v. 12 :
Tu es armés et je sui desgarnis.
P. 69, v. 9 : armis et haubcrgiis.
Gaydon, p. 34 :
Est il encor armez ne haubergiez i
P. 71, v. 2 : selve.
Raoul de Cambrai, p. 93 :
Ybert estoit leiz la selve foillie.
P. 71, v. 2 et 8 : herbor. Je n’en connais pas d’exemple, mais il se justifie par l’analogie de tenebror.
368 Maca ire. ■
Il se resgardc environ et entor.
GAYDON, p. 297 :
Moult se regarde et avant et arrier.
Qu’as tables erent li baron asegié.
On pourrait lire aussi :
Qu’as tables erent assis li chevalier ;
le sens resterait le même. Asseoir et asegier sont deux formes différentes, mais leur valeur est identique. On disait indifféremment, par exemple, asseoir une ville ou V assiéger.
Se voz au Mans me volez assloir.
( Gaydon , p. 16.)
Aval les tables s’alerent assegier.
Fait le message devant lui assegier.
(Idem, p. 264, v. 1$ et 17.)
P. 73, v. 13 : assis au disner, pour éviter une répétition.
Huon de Bordeaux, p. 167 :
Li amiraus ert assis au disner.
Et en la char forment l’a entamé ;
OU empirii.
Mais en la char ne le pot empirier.
(Gaydon, p. 224.)
pour tntamer. Voyez Gaydon , p. 123; Fierabras, p. 37; Huon de Bordeaux , p. 1 37.
P. 73, v. 18 : Savoie en vait.
Aliscans, p. 202 :
Va a voie, desvez
Notes. $69
P. 75, v. 2 : qui sa plaie ont btndi.
Huon de Bordeaux , p. 28 ; bandés moi ma plaie.
P. 75, v. 19 : enmaloli (emmaillotté) ;on disait aussi simplement mallolc. (Voyez cette forme dans la Chevalerie Vivien , ms. de Boulogne-sur-Mer, fol. 129 v°, col. 2, et enmalolé dans Parise la Duchesse , 2e édit., p. 27.)
P. 75, v. 25 ; degrans cops le fiert.
Notre compilateur italien, qui aimait les rimes riches, aura sans doute reculé devant celle-ci.
P. 77, v. 20 : por les. II. iex dou front. J’ajoute deux au texte italien. Rien de si commun que cette façon de parler :
Andui li œil li sunt el chief larmé,
( Aspremont , ms. fr. 2495, fol. 101 r°.)
Es chevaus montent qui miex miex à tenson.
On lit un vers à peu près identique dans Renaut de Montauban (I, 86) :
Qui ainz ainz, qui mielz mielz, montèrent à tençon.
C’est fort probablement la locution qu’avait sous les yeux le compilateur italien et qu’il a rendue par celle-ci : qui tôt meio poon.
On pourrait lire encore, comme dans Caydon (p. 282) :
Es chevax montent, par fiere contenson.
P. 79, v. 3 : n’i font demorison ( Ogier , II, 401).
Dont flairors ist dou mort à grant fuison.
V., pour flairorSj Raynouard , Lexique roman , sous ce mot. Le verbe issir, en provençal comme en français, se joignait à ce substantif.
Macaire. 24
Macaire.
P. 79, v. 10 uplorison (Ogier, II, jo8).
On peut, si l’on veut, rapporter ici ce vers de Huon de Bordeaux (p. 298) :
Et quant le voient, grant duel demené ont.
Hé ! gentis rois, ci a grant encombrier.
Sans la rime, on pourrait suivre de plus près le texte de Venise en reproduisant ce vers d 'Ogier (t. I, p. 22) :
Drois emperere, gTant damage i avons ;
et même, en accommodant ce vers aux exigences de la rime, on pourrait lire :
Drois emperere, grant damage i avés.
Mais le tour que j’emploie est plus fréquent encore et rend la même idée.
Raoul de Cambrai , p. 44, 124, 150:
Biax fix, dist elle, ci a grant destorbier.
Biax niés, dist il, ci a male raison.
Dist l’uns à l’autre : « Ci a bel chevalier. »
P. 79, v. 21 : cobrer (texte italien pier} pigliare ) se disait des personnes comme des choses.
Parise la Duchesse, 2e édit., p. 21 :
Et li escuier saillent à l’evesque cobrer.
Huon de Bordeaux, p. no :
Le hanap prist, a .II. mains l’a conbri.
P. 81, v. 8 : qui moult flairent souef (ou soui).
Plus soué flairent que baumes destenpré.
( Huon de Bordeaux, p. 147.)
P. 81 , v. 1 3 : Quant fu en terre. (Quando fo seveli.) Raoul de Cambrai, p. 126:
Tant que ces niés soit dedens terre mis.
Notes.
P. 8 1 , v. 19 et 20 :
A tote gent quant je t’oi demander La mort Aubri.
Demander la mort , c’est-à-dire demander compte de la mort.
La mort mon pere Fernagu te demant.
(Otinel, préface, p. vm.)
P. 83, v. 2 : Vez moi tôt prest (V. Gaydon, p. 19, v. 6)
N’estes mais dignes de corone porter.
Voyez l’expression corone porter dans Gui de Nanteuil, p. 26, et dans le poëme même de Macaire, p. 102. Le compilateur ici l'a rejetée sans doute pour simplifier, selon son habitude.
Sus el palais, en la sale votie ; ou , pour conserver antie du texte vénitien :
Sus el palais, en une sale antie.
Gaydon, p. 326 :
Dont l’amenarent en la sale voltie.
Faite me fu une grans estoutie.
Otinel, p. 34 :
Il lur fera ja mult grant estultie.
A grant vergoigne ma moillier chalengie.
J’ai admis ici , fort à regret, le mot chalengie, faute d’en trouver un meilleur. J e crois qu’<rc«sie(pour acusée, comme brisie, bautisie, pour brisée, baptisée) est la véritable leçon ; mais je ne connais pas d’exemple du
Mac Ai re.
mot accusée sous cette forme (Voyez ci-dessus la note sur le vers 20 de la p. 51).
P. 83, v. 20 : dont en ai l’ame irie; ou mieux peutêtre : dont ai el cuer grant ire. Inutile de dire que la rime n’est pas un obstacle à cette leçon.
Quant li baron ont la parole oie.
Mal de celui qui un soi mot en die.
Gaydon , p. 20, v. 26 :
Quant Fransois oient lor seignor si parler,
Mal de celui qui osast mot sonner.
Et ne croi mie de nul en sois blasmé.
« Et je ne crois pas (qu’en suivant mon conseil) tu sois blâmé de personne. » C’est le sens cpie j’ai donné à ce vers. Si l’on préféré celui que parait indiquer le texte de Venise, on peut lire :
Et n’en serai, ce croi, de nul blasmés.
P. 85, v. 18 : apelés. Comme il s’agit ici d’un duel judiciaire, j’ai substitué au mot calonçer du texte italien l’expression employée en pareil cas :
La vilonnie dont iestes apelis.
(1 Gaydon , p. 28.)
Et en bliaut si soit il despoilliés.
Gerartnon plus, dans Huonde Bordeaux, n'a point d’armes offensives lorsqu’il va au-devant de Chariot, et c’est ce qu’il exprime ainsi :
T’as bon haubert et çaint le branc forbi.
Et je suis nus el bliaut sebelin.
J’ai donc substitué le mot bliaut au mot guariulo du texte italien.
Notes.
P. 85, v. 21 : uns plaissiés, une palissade, pour fermer le champ de combat et limiter le parc où le duel va avoir lieu. Astclé, du texte italien, n’est pas un mot français sous cette forme ; mais il se peut bien qu’on ait dit esta lier d'une série de pieux, puisqu’on trouve la forme féminine estallicre en ce sens. (Voyez Du Cange sous stalaria.) En ce cas, il faudrait lire :
Et sor la place soit fais uns estaliers.
P. 87, v. 2 : coilli en hi (texte italien aü en ai). Coillir en hé, on le sait, signifie prendre en haine. C’est une expression qui revient trop souvent dans nos anciens poèmes pour qu’il soit nécessaire de la justifier ici. Voyez, cependant, à cause de la forme ai, Parise la Duchesse, p. 98, à la note sur le vers 1 1 de la p. 10.
P. 80, v. 1 : crier un ban, ou huchier, comme dans Raoul de Cambrai , p. 353 :
Parmi Arras a fait un ban huchier.
P. 89, v. ? : apendus com larron , ou, si l’on veut, pendus comme un larron.
Je vos pandroie ausiz com un larron.
{Jourdain de Blaives, ms. fr. 860, fol. n J r°, col. 2.)
Il faudrait lerre dans mon texte; mais j’ai déjà justifié les licences de ce genre.
P. 89, v. t6 : li est sore çoru.
Gaydon, p. 1 1 5, v. 21 :
Qui fierement U sont sore coru.
P. 89, v. 17 : aconsiu. Le mot prendu du texte italien n’est point français; au contraire, on rencontre fréquemment aconsivre ou consivre au sens d’atteindre :
Renoart vise si l’ait aconsiu.
[Loquiferne, ms. fr. 1448, fol/281 v°, col. 2.)
Et ii bastons contreval descendi,
Que le cheval en chief aconsicvi.
( Gaydon , ip. ioj.)
Par les espaules a consiu Morel.
(Gaydon, p. 283.)
P. 89, v. 18 : referu.
Ogier I, 123 :
Ogiers le haste si l’a tost referu.
P. 91, v. i : Cf. Gaydon , p. 291, v. 3.
P. 91, v. 2 : Sainte Marie, aiu! pour aîue , aide!
P. 91, v. 5 : Grans fu l’estors.
Ce mot peut fort bien s’appliquer à une lutte entre deux combattants , à un duel. Gaydon , p. 99 : Grans fu 1 ’estors, c’est-à-dire la joute de Ferraut et de Renaut d’Aubepin.
P. 91, v. 10 : uns des lors saillis fu.
On pourrait maintenir à la rime le mot salu du texte italien, sous cette forme ou sous la forme saillu, puisqu’on trouve dans le Moniage Renoart, ms. de Boulogne-sur-Mer, fol. 190 v°, col. 1 :
Tibers se haste si est en piés salus, et , même manuscrit , fol. 209, le composé asaillu.
P. 91, v. 13. C’est pour éviter une répétition que je m’éloigne un peu du texte de Venise. Rien de plus facile que de lire :
En celui lieu où il estoit salus.
Mais embatn ou enbatu était un terme fort usité au sens où je l’emploie, et il se pourrait bien que le compilateur italien n’eùt pas trouvé ce mot assez clair pour ses auditeurs.
P. 91, v. 14 : Quant il l’ot entendu. Je garde le sens en changeant la rime. Metu, du texte italien,
Notes. 375
n’est pas plus français que prendu qu’on lit dans la même tirade.
Il l’en arreste au passer d’un placer.
On pourrait lire aussi :
Il l’en arreste à un placer passer.
Voici un tour identique :
Ogier coisi à un tertre puiier.
{Ogier, I,i jj.)
Placer , mot assez rare, se trouve par exemple dans Parise la Duchesse , où on lit : sol placer , p. >o, et placer seulement, p. 5 1 .
P. 9 j, v. 3 : l'a en présent meni. J’ai justifié cidessus la locution en prisent (en présence). Rien n’empêche d’ailleurs de conserver le texte :
Devant le roi le vait à présenter.
P. 95, v. 1 5 et 16. Même tour dans Aspremont , ms. fr. 2495, fol. 105 v° :
Que faites vos que ne nos secorrez ?
P. 95, v. 17 : de toi sont il lointain.
Berte as crans piés, ms. fr. 1447, fol* 38 r° : Selonc ce que ele ert de ses amis lontaigne.
P. 95, v. 23 : abatre jus. Voir Gaydon, p. 1 1 3.
P. 95, v. 25 : qui sor tos es poissans (nobele e sovran). Rien de plus aisé que de lire :
Hé ! gentis rois, nobiles et sovrains.
Mais nobiles aurait le même sens que gentis, et je ne vois nulle part de locution identique ou analogue. Au contraire, Charlemagne est souvent qualifié h rois poissans, ou sorpoissans.
J7 6 Macaire.
Un confessor me mandés maintenant.
On pourrait sans doute conserver fe mot chapelain et le maintenir à la rime; mais un qualche çapilan sent trop l’italien ‘pour ne pas me faire croire a une altération complète du vers. Je propose, cependant, cette seconde leçon :
A ma confesse mandés un chapelain.
Voyez confesse dans Parise la Duchesse , p. 2 1 .
P. 97, v. 1 : engignement. V. ci-dessus la note de la p. 23, v. 9.
Et cil i vient volentiers, tôt errant.
Je remplace par cette locution si fréquente celle du texte vénitien : por talan, qui ne me paraît pas admissible en la forme. Mais peut-être vaut-il mieux lire : volentiers , non engrans, locution analogue à celle-ci : volentiers, non envis. V. Raynouard, au mot engrant.
P. 97* v. 11 : bassetement.
Auberi le Bourguignon, ms.fr. 859, fol 45 v°, col. 1 :
Entre ses dens a dit bassetement.
P. 99, v. 5 : ci orendroit se disait comme c endroit.
Huon de Bordeaux, p. 140 :
Et se m’irés chi endroit atendant.
Et même page : ichi orendroit.
P- 99, v. 9 : ci a voir un miracle de Di.
Voyez ci-dessus la note sur le vers 15 de la p. 79. J 'ajoute qu’après ces mots ci a on trouve le substantif employé au cas régime.
P. 99, v. 12 : et des boins et des mets.
N OTES.
Ml
Le mot ri (reo) du texte de Venise est inadmissible. Le compilateur italien aura sans doute rejeté le mot mcl (malus), qui à ses yeux comme à son oreille ne formait pas une rime suffisante. La forme mel se trouve bien des fois dans le poème de Huon de Bordeaux, et à la rime, et dans aes tirades en ê ou en er. V. aussi Gui de Bourgogne, p. 7, et Fierabras, p. 6, où on lit : à meles armes. Quant à la locution entière, elle était en usage comme li jone et li chanu , li petit et li grant, etc. ;
De lor maus soient quite et li mal et li bon
(Chanson d’Antioche, t. I, p. 62.)
P. 99, v. 27 : tu as bien mcserri. (Vu avi ben falé.) Fali n’a jamais été français. On ne trouve que failli et falu. Meserrc rend la même idée, mais le mot, si j’ai rencontré juste, 11’était pas de ceux qui pussent accommoder notre compilateur. V. meserrer , dans Huon de Bordeaux, p. 198 et passim.
P. 101, v. 9 : laidement. (Gaydon, p. 175.)
P. 101, v. 1 5 : nuisement.
Que ne voz voillent faire aucun nuisement.
(Gaydon, p. 3 1 î .)
P. 101, v. 22 : Si l’enchauça. On peut lire sans doute arier li vint ou aprïs li vint, en restant plus'près du texte ; mais enchaucer est le terme le plus usité en ce sens.
Et Aulaïz de prez les enchauça.
(Gaydon, p. 72.)