‹ Macaire chanson de geste publiée d'après le manuscrit unique de Venise, avec un essai de restitution en regardChapitre 116 sur 118 · V. d’ailleurs Raynouard, sous encaussar · texte numérisé non relu

V. d’ailleurs Raynouard, sous encaussar

P. 103, v. 6 : tant ne quant n’est qu’une variante que je propose pour éviter des répétitions fastidieuses. 11 est clair, du reste, qu’on peut lire de noient.

P. 103, v. 12 : retè m’oissor.

Gaydon , p. 57 :

A corn grant tort m’avoit cis gloz reti.

378 Macaire.

Ne soie onc rois ne corone portant, *

Ne mengerai onques à mon vivant S’aurai de toi véu le jugement.

On retrouve souvent ce tour, par exemple dans Gaydon, p. 9 :

Dex me confonde parmi la crois, en som,

Se mais menjuz de char ne de poisson,

Ne ne bevrai de darè, de vin bon,

S’aurai tenu son cuer dedens mon poing.

P. 103, v. 22 : inprimemant ., du texte italien, n’a jamais été français, que je sache ; premièrement l’a été de tout temps.

Dos de Nantuel parla premièrement.

( Ogier , II, 406.)

Méisme d’eus ferions nos autretant.

On retrouve un vers à peu près identique dans Raoul de Cambrai , p. 336 :

Et d’iax méisme ferai je autretant.

P. 105, v. 9 : penlant. ( Huon de Bordeaux, p. 88.)

P. 103, v. 15 : après lui (derrière lui).

Après lui vin moult durement courant Après celui alai esperonnant.

[Huon de Bordeaux , p. 35.)

Cil de Maience en ont grant reprovier.

Raoul de Cambrai, p. 187 :

Tuit ti ami en aront reprovier,

P. 107, v. 7 : Or lairons ci.

Or vos lairons ci endroit de Gaydon.

[Gaydon, p. 28.)

Notes.

Si com ovra ot éu son ioier.

On peut lire aussi : De son service ot

Gaydon , p. 224 :

De vo service aurez vostre Ioier.

P. 107, v. 9 : est remis. ( Huon de Bordeaux, p. 170.)

P. 107, v. 15 : jus del cheval verser, ou, comme dans Huon de Bordeaux, p. 54 : à la terre verser.

P. 109, v. 13 : solette. V. plus loin, p. 238, v. 4.

P. 109, v, 15 : Cornent le faites ? C’est le how do you do des Anglais. On peut lire aussi : Comment vos est I (Voyez Gaydon, p. 50.)

Ele li a demandé et enquis

Comment le fait Karles de Saint Denis.

( Ansèis de Cartage, ms. fr. 1254, fol. 2 v°, col. 2.)

Idem, ibid : avés encombrement ?

V. ce mot dans Gaufrey, p. 310; dans Otinel, p. 2 et 1 3 ; et surtout dans Jean de Lanson , ms. fr. 2495, fol. 29 v°.

P. 109, v. 25 et 26 :

Que véoir puisse par toi séurement

Costantinoble, où sont li mien parrent.

Le texte de Venise dit : Aler en Costantinopoli , locution que la mesure des vers ne permet pas de conserver, de quelque façon qu’on s’y prenne. Voir Constantinoble m’a paru admissible :

Ne quit véoir Bordele, le grant cit.

{Huon de Bordeaux, p. 26.)

P. 109, v. 27 : boin Ioier en atent.

Ogier, II , 324 :

Autel Ioier alons nos atendant.

M ACAIRE.

P. m, v. 12 : deponu me paraît admissible, quoique je n’en trouve pas d’exemple; mais ponu, pour pondu, se trouve encore dans quelques patois.

P. 1 1 1 , v. 1 6 : or est au Dieu salut , et même salu sans t, comme dans Gaydon, p. 88.

P. m, v. 18 : un grant baston costu.

Prendu, je l’ai déjà dit, me paraît inadmissible; et je dirai ci-après pourquoi je substitue costu à quaru.

P. 1 1 1, v. 20 : les cheveus borfolus.

Je ne connais pas d’exemple de ce mot.

Et la roïne si vait deriere lui.

On peut conserver la forme lu du texte de Venise.

A grant merveille me sera deffendu S’encor ne trai le sanc dou corps de lu.

( Gaydon , p. 2$.)

Mais on trouve aussija forme lui dans des tirades en u. Je la rencontre plusieurs fois, par exemple, dans le ms. de Boulogne-sur-Mer, qui contient une grande partie de la geste de Guillaume au court nez. Elle y rime avec fu, etc. (fol. 76), avec coru , etc. (fol. 169). De même dans Girart de Vianne, ms. fr. 1448, fol. 75 v°, col. t.

P. 11 j, v. 6 : arrestiu. On pourrait conserver arestu, du texte vénitien, et lire :

Tant sont alé, que n’i sont arestu Que

Mais, pour éviter ces que superposés, j’emploie la forme arrestiu dont on trouve aussi des exemples.

Dans la même page de Raoul de Cambrai (p. 77) on lit :

Li quens Ybers n’a gaires arestu.

De ci au gué ne sont arestiu.

ale

Notes.

P. 1 1 j, v. 8 : outre mer ont coru. Je n’admets pas metu , non plus que le composé trametu du texte de Venise. On pourrait lire peut-être : outre sont descendu, en restant plus près du texte oltra forent metu ; mais descendu se trouve quelques vers plus bas. Il est probable que le compilateur italien l’eût conservé ici comme là, s’il l’y eût trouvé. Sans doute il aura rencontré une leçon moins simple, comme celle que je propose ou comme celle-ci : la mer ont trescoru.

P. n 3, v. 1 1 : parmi ces puis agus.

Raoul de Cambrai, p. 152 : parmi. 1. pui agu.

P. 1 1 3, v. 18 : Sages et membrus (pour membris ).

Sire ce est Robers, li sages, li membrus.

[Chanson d’Antioche , t. I, p. 28.)

P. 1 1 3, v. 20 : des grans et des menus.

Girart d’Amiens , ms. fr. 778, fol. 83 :

Il fu amez des grans et des menus.

En sa main prist un gros baston costu.

Ce mot costu, que j’ai ajouté tout à l’heure au texte de Venise , je le substitue ici au mot quaru , dont je doute fort qu’on rencontre un exemple. Arrestu (d’arrêter) ne semble pas, il est vrai, deformation plus régulière, mais on le retrouve souvent. Costu , appliqué à un bâton, donne le même sens que quaru ou carré , et peut se justifier par des exemples du temps :

Ne toi ne t’arme ne ton baston costu,

Toute ta force ne pris pas .1. festu,

( Moniage Renoart , ms. de Boulognesur-Mer, fol. 173.)

Li un sont plat et li autre costu.

(Ms. fr. 294. v°,*col. 1.)

Qn disait aussi baston cornu. Voyez Caydon , p. 87.

$82 Macaire.

Et quiert li ostes li soit amentiu.

(Et l’hôte demande qu’il lui fasse connaître.)

C’est sans doute ce verbe amentevoir qui aura rebuté notre compilateur, dont le vers, si c’en est un , est à remanier entièrement.

On lit dans la Chanson des Saisnes , ms. de l’Arsenal , B. L. F. 175, fol. 240 :

Le covenant son pere li a amentiu

Que chevalier le face...

Girart de Vianne, ms. fr. 1448, fol. 194 r°, col. 2 :

On voit lou roi si l’a amentiu.

P. 1 1 5 , v. 3 et 4 : servu, meta , du texte italien , qui forment la rime ae ces deux vers, sont de la fabrication du compilateur. La leçon que je propose se justifie dans ses termes principaux par un passage de Berte as grans piès, où l’on trouve une situation analogue.

A Bertain aaisier met chascune s’entente.

Elle dit à ses hôtes :

Bien m’avés reschaufée et moult bien repiue.

Quant à la locution sus et jus , elle est souvent employée comme ici.

P. 115, v. 15 : ensi l'a il usé.

Sire, dist Hues, je ne l’ai mie usi.

[Huon de Bordeaux, p. 96.)

P. n $, v. 18 : cil qui m’a à garder , ou à guier.

P. 1 17, v. 3 et p. 121, v. 4 :

S’agiut la dame d’un moult bel iretier...

D’un fil s’agiut qu’au mostier vai portant.

Le texte de Venise porte : Cella dame partori. — Ces enfant a partori , du latin parturire. L’italien a

Notes.

conservé ce verbe sous la forme partorire; mais jamais, que je sache, il n’a passé ni en provençal ni en français, où l’on ne trouve que le substantif part (de partus). Au contraire, l’une et l’autre langue ont au même sens ajazer et agesir. Pour ajazer, voyez Raynouard , III, 583. Quant à agesir , voici un exemple qui le donne sous la forme même où je l’emploie :

D’un fil s’agiut, s’ot non Guillaumes.

( Philippe Mouskes, cité par Sainte- Palaye, au mot agiut.)

Puis quant ce vint qu’ele dust relever ; ou , avec la diérèse : que dèust relever.

Je restitue ainsi le vers assez obscur du texte vénitien, en imitant un vers de Parise la Duchesse ;

Quant vint li termes que déust relever

( Parise , p. 28, 2e éd.)

Je n’ai pas besoin de justifier le tour si connu : quant ce vint que

Sor destre espaule une crois blanchoiant.

Je substitue blanchoiant à blanc que porte le texte de Venise, parce qu’il faudrait blanche , que la rime rejette. Je doute qu’on ait volontiers employé blanc pour blanche au moyen âge. J’en puis cependant citer un exemple :

Mais il n’i a pain ne vin ne forment,

Fors .11. gastiaus et .1. mice blanc.

( Prise d’Orange , ms. de Boulognesur-Mer, fol. J4r°, col. 1.)

Mice blanc pour miche blanche ; mais fallait-il suivre cet exemple ?

P. 121 , v. 18 .* estre à bautisier ou au bautisier, selon le cas.

Là ot enfant ; g’i fui au bautisier.

(Raoul de Cambrai, p, 316.)

P. 121, v. 20 : Se Diex me soit aidant. Locution qui revient deux ou trois fois dans chaque tirade en ant du poème de Huon de Bordeaux.

D’emperéor com se fust iretiers,

ou : com se fust engenris.

AliSCANS, p. 199 :

Renoars sui, engendré fui d’un roi.

L’evesques chante la messe hautement.

(Raoul de Cambrai , p. 143.)

P. 123 , v. 8 : mestier , service, office divin.

Raoul de Cambrai, p. 52 :

Et si faisoient le Damedieu mestier.

Parlant d’un évêque :

Si se revest por faire le mestier.

(Idem, p. 7.)

P. 123, v. 14 : rengenerer.

De saint baptesme se fist rengenerer.

(Aspremont, ms. fr. 2495, fol. 124 r°.)

P. 12 5, v. 9 : de son droit nom.

Huelins est par droit nom apelés.

(Huon de Bordeaux, p. 77.)

P. 125, v. 17 : quinze jors ajornis.

Gaydon, p. 37 et 186 : toute jor ajorné. — Autre jor ajorné.

Si vuet venir à son gent cors parler.

Cf. Huon de Bordeaux , p. 93, v. 13.

P. 127, v. 2 ; Et ne le voil y ter, ou : de gri et volentiers , ou encore : bit fait à otrier, toutes locutions

Notes.

de même sens et qui reviennent presque à chaque page dans nos anciens poèmes. r B

,uP' 'FW* !S : blen Wffùisl — bien soiis {binon de Bordeaux , p. 13, v. 34.)

Por amor Dieu, le voir justicier.

J’ai répété U voir justicier du texte italien; mais mieux vaudrait lire peut-être le verai justicier, comme dans ce vers de Raoul de Cambrai (p. 11 1) :

Dieu réclama, le verai justicier.

On trouve toutefois, quoique plus rarement, des exemples comme celui-ci :

Et crùi en Damediu, le vrai justicier.

{Fierabras, p. 13.) ,

A l’origine, sans doute, le second i a compté dans la mesure, mais de bonne heure on l’a néglige.

P. 127, v. 25 et 26 :

Si com commere qui pas ne doit boisier A son compere mentir ne losengier;

vers restitués d’après ceux-ci :

Cil de Nerbonne qui aine ne pot boisier A son signeur mentir ne losengier.

(Atisctns, p. 248.) ' '

De mon reaume si me fist il geter.

On disait aussi bien en pareil cas geler que chacitr : Et tos mes onçles de la terre chacier,

( Raoul de Cambrai , p. 73.)

Por tant firent la dame de la terre geter.

(Parise la Duchesse , p. si.)

P. 129, v. 13 : malvais lié. *« ,

Macaire. 1 5

Huon de Bordeaux, p. 87 :

La voit on bien qui a fait mauvaisté.

Il semble qu’après ce vers le copiste italien en ait omis un dont le sens était : « Il se battit. » Ce qui me le fait croire, c’est le mot cun (avec) par lequel commence le vers suivant et dont je ne tiens pas compte dans ma restitution. :.c

P. 1 3 1 , v. 4 : à l’espii amolé , ou amollit. On trouve un exemple de cette seconde forme dans Du Cange, sous le mot amollare; mais on y trouve également amolare , qui permet de croire qu ’amolè a été aussi en usage. Peut-être le texte français portait— il : al branc forbi d’acier. Voyez p. 1 36, v. 9.

P. 1 3 1 , v. 6 Si m’en fui.

Huon de' Bordeaux, p. 3, v. 1 :

Si s’enfuît ous seus... ' . .

(. Fierabras , p. 63.)

P. 131, v. 1 $ : mes estres (ma situation).

Lor couvine etlor estre enquerreet demander.

( Fierabras , p. 63.)

Por moi vorra chevaliers envoier.

On disait même envoyer pour quelqu’un, sans régime :

r "ii

Car faites tost por Guiot envoier.

< i :(Gaydon, p. 181.) ,

Et que ses pere Costantinoble tient.

Il est manifeste qu’ici le compilateur italien a refait en entier le vers français qu’il avait sous les yeux. A mon tour, je prends avec lui la même liberté. Voici les exemples dont jej m’autorise et pour la rime et pour la locution tenir Constantinople :

Notes. 387

Jules César, selon la légende de Huon de Bordeaux, était l’un des prédécesseurs du père de Blanchefleur, c’est-à-dire qu’il régna à Constantinople.

Constantinoble tint il tôt son éaige.

{Huon de Bordeaux, p. j.)

L’auteur du même poëme fait rimer vient (p. 12) et souvient (p. 13) avec fier, pitié, mesagier, grasiiis , etc. Il y a grande apparence que tient ne rime pas plus mal avec venté , crestienté, envoier , etc.

P. 13 1, v. 24 : bien trovée soiés. Cf. Huon de Bordeaux, p. 119, v. 34.

P. 133, v. i : d’Ongrie.

On disait indifféremment de Hongrie ou d’Ongrie.

An la terre d’Ongrie sont en un bois entré.

{Parise la Duchesse, 2® édition, p. 34.)

Et rois fu de Hongrie s’en fu sire clamez.

{td., p. 26 et passim.)

Honguerit est , selon toute apparence, la forme primitive. Voyez cette forme dans Gaufrey, p. 252 et passim.

Dire et conter trestot le covenant.

Covenant, aventure, affaire, situation.

Huon de Bordeaux, p. 91 :

Or vous ai dit trestout mon convenant.

Moniage Rainouart, ms. de Boulogne-sur- Mer, fol. 194 ro, col. 1 :

Mairefer fu en son cuer mult dolant Quant de son pere entent le convenant.

Ibid., col. 2 :

Dist Mairefer : « Corn vos est covenent ? »

Cf. Macaire même, page 134, v. 12 et 13.

M ACAlRE.

P. 1 j j, v. 2 : traïtrement.

GAYDON, p. 320 : À tort, traïtrement.

Dont l’emperere cui France est apendant. OGIER, t. Il , p. 398 :

Et Babiloine à lui est apendant.

P. 1 3 j , v. 6 : dire son talent.

Bien pois , frere , dire vostre talent.

(Foulque de Candie , Ms. de Boulogne-snr-Mer.

1 3 j , v. 1 o : quant sont à terre.

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