Magasin Pittoresque , 12e année, p. 346 et
2. Voyez l’article Aubry de Montdidier, dont l’auteur dit que ce chevalier fut assassiné en 1371, près de Montargis, par un de ses compagnons d’armes, Richard de Macaire. Je ne sais où il a pu prendre ce prénom et cette particule.
Préface.
La Biographie portative universelle , qui n’est pas moins appréciée et qui est aussi d’un grand secours, a admis, il est vrai, Aubri de Montdidier dans ses colonnes ; mais elle a pris le soin de mettre le lecteur en garde par cet avertissement relatif au fameux duel : « L’authenticité de « cet événement a été révoquée en doute par « plusieurs écrivains, entre autres par le savant « Bullet. »
On ne retrouve pas ce Cave canem dans la Nouvelle Biographie universelle publiée par MM. Firmin Didot frères; mais, tout au contraire, l’écrivain qui s’est chargé de nous renseigner sur Aubri de Montdidier, encore qu’il juge bizarre l’idée du roi de faire lutter Macaire contre le chien accusateur, ne laisse pas, pour la faire passer, de la déclarer conforme aux mœurs du moyen âge. « Cette tradition, ajoute-t-il, est « devenue le sujet de plusieurs ballades, et a « donné lieu, en France et en Allemagne, à des « compositions dramatiques qui, sous le titre du « Chien de Montargis , ou du Chien d'Aubry et de « la Forêt de Bondy, ont attiré la foule aux boute levards parisiens, au théâtre de Vienne et à « plusieurs autres théâtres de l’Allemagne. »
J’ai le regret de n’avoir pu retrouver la trace des ballades auxquelles fait allusion le biographe d’Aubri de Montdidier. Je n’ai pu davantage mettre la main sur le texte dont il s’est autorisé pour faire du lévrier d’Aubri un dogue , et pour allonger le simple nom de Macaire, qui, sous sa plume est devenu Richard de Macaire (').
i . Peut-être ce texte, quant au nom de Richard de Macaire, est-il simplement le dictionnaire de M. Bouillet.
Préface.
lxj
La première édition de la Biographie universelle (Michaud) avait négligé Aubri de Montdidier; la seconde a comblé cette lacune et reproduit en substance le récit de Vulson de la Colombière, qu’on attribue par inadvertance à Montfaucon.
Ainsi , ni l’érudition de Bullet, ni la force des considérations morales développées par Joseph Prudhomme, n’ont pu venir à bout du chien de Montargis. L’invincible lévrier a triomphé d’eux comme il avait triomphé de Macaire , comme il triomphera de moi , hélas î
Aussi n’était-ce pas pour engager avec lui une lutte inutile, mais seulement par goût pour l’histoire littéraire , que je faisais paraître, en 1857, dans la Bibliothèque de /’ École des Chartes ('),mes notes sur le manuscrit de la bibliothèque de Saint-Marc, où j’ai trouvé le poème de Macaire. Ces notes n’ont pas été inutiles , qu’il me soit permis de le dire : M. Édouard Fournier s’en est servi pour faire connaître au public qui le lit , et
3ui ne me lit point , l’origine de la fable du chien e Montargis (2). Elles ont peut-être provoqué aussi l’édition du poème de Macaire qui vient de précéder la mienne.
Mais avant de parler de cette édition, et pour suivre l’ordre des dates, il faut jeter un coup d’œil sur deux petits romans, rejetons tardifs et débiles qu’un reste de sève a fait sortir récemment encore de la vieille souche que je déterre. Par une évolution curieuse , la légende du chien de Montargis, après avoir pénétré dans l’histoire,