‹ Macaire chanson de geste publiée d'après le manuscrit unique de Venise, avec un essai de restitution en regardChapitre 18 sur 118 · Voyez ci-aprês , p · texte numérisé non relu

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Préfac e.

En France , à Paris, où il vint au moins deux fois : la première en 1 1 66, à l’âge de vingt ans, la seconde, dix ans plus tard, en 1176 (■). Il y séjourna en tout sept ans , et, jeune comme il l’était, et curieux, et enclin à croire les récits merveilleux, il ne put manquer de s’intéresser à ceux des jongleurs tout en étudiant la théologie et les décrétales. De là, selon moi , le souvenir adapté au récit de saint Ambroise par Gérald le Cambrien dans l’itinéraire du voyage qu’il fit, en 1 188, avec l’archevêque de Cantorbéry. La date assignée ci-dessus à la composition de notre poëme favorise cette explication, et réciproquement, l’explication une fois admise, achève de justifier la date.

C’en est assez et trop peut-être sur l'origine de la fable du chien. Terminons l’examen de la composition où cette fable tient une si grande place.

Dans son étude sur la légende qui forme le fond de la chanson deMacaire, M. Svend Grundtvig paraît croire que le personnage du nain est d’invention française. C’est tant pis pour notre ' auteur. Il ne pouvait rien imaginer de plus grossièrement déplaisant , et le malheur est qu’il semble en avoir eu conscience. L’empereur de Constantinople, informé par un messager de

l. Voyez Wharton, Anglia sacra , t. II, p. 374, et la correction indiquée dans la préface du même tome, p. xx. Voyez aussi Life of Giraldus de Barri en tête de la traduction anglaise de V Itinerarium Cambriæ : The itinerary of archbishop Baldwin through Wales , translated into english by sir Richard Colt Hoare Londres , 1 806, 2 vol. x in-a.

Préface. • xcj

Charlemagne du crime dont sa fille est accusée, se refuse avec indignation à la croire coupable : « Non, dit-il, ma fille n’a pu commettre un tel péché... et avec un nain encore! » Cette invraisemblance le révolte.

Le grotesque, sinon l’odieux de la combinaison, disparaît dans deux poèmes postérieurs où elle est de nouveau mise en œuvre : le poëme de Florent et Octavien (>) et celui de Doon de la Roche(i). Dans le premier, c’est un varlet ; dans le second , c’est un garçon qui joue le rôle du nain. Mais on assiste toujours à cette scène grossière, tandis que dans le poëme anglais de sir Triamour un goût plus délicat l’a mise en récit, substituant d’ailleurs , comme on l’a vu ci-dessus, un chevalier inconnu aux personnages ignobles qui figurent dans les trois chansons françaises (3).

Parmi les ressorts que notre poëte a mis en jeu pour le mouvement de sa composition, ii en est un singulier qu’il n’a pas créé sans doute,

1. C’est un poëme encore inédit, en vers alexandrins, que je crois du XIVe siècle, et dont on connaît quatre manuscrits, conservés trois à Paris, à la Bibliothèque impériale, et le quatrième à la Bibliothèque Bodléienne d’Oxford.

2. Poëme inédit en vers alexandrins, qui me paraît du XIIIe siècle , et dont le manuscrit unique est au Musée britannique (Manuscrit Harléien, 4404).

}. L’auteur de Sir Triamour n’a pas imité seulement notre poëme ; il s’est inspiré aussi de celui de Florent et Octavien. Son Aradas, roi d’Aragon, qui regrette si fort de n’avoir point d’enfants, est dans la même situation qu’Octavien :

Dolans fu Temperere qui moult fist à prisier Qu’avoir ne poet en fa ns de sa gente moullier.

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