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car il s’en sert comme de chose déjà connue et admise, je veux parler de ce signe que porte sur l’épaule droite le jeune fils de Charlemagne, et
3ui pour des yeux clairvoyants est un sûr inice de sa royale origine. C’est une espèce de sceau ou de marque de fabrique dont l’idée vient on ne sait d’où , à moins d’accepter sur ce point les renseignements très -précis que nous donnent les Reali di Francia dans un curieux passage , déjà noté par M. Wolf (>)• Le second livre de cette compilation italienne, qui contient une version fort libre du poème de Floovant , débute par une sorte de petit traité ex professo sur la question qui nous occupe.
« Fiorello ou Florel , roi de France et petitfils de Constantin , était fort affligé pour plusieurs raisons, mais surtout parce qu’il ne pouvait avoir d’enfants. Il fit donc des vœux, alla en pèlerinage à Rome, et de là au saint sépulcre, toujours priant Dieu de lui donner un héritier à qui il pût transmettre sa couronne. Il fut exaucé : sa femme devint grosse après vingt ans de stérilité et mit au monde un fils qui portait sur l’épaule droite une croix de sang entre cuir et chair. De là vient ce qu’on dit de la croix vermeille que portaient sur l’épaule droite les héritiers de la noble maison de France. Ce fut le premier enfant qui naquit avec ce signe couleur de sang : aussi reçut-il au baptême le nom de Fioravante, ce qui revient à dire, en français, Fleur avant, ou : En avant la fleur! Plusieurs personnes présagèrent qu’il serait roi de France
i. Mémoire de 1832, déjà cité, p. 138.
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et de beaucoup d’autres provinces et royaumes, et le signe merveilleux qu’il avait reçu au sein de sa mère fut l’heureux augure des destinées de la maison de France... Ce signe fut plus tard appelé la nielle (*), et tous ceux de sa race le portèrent , mais non en forme de croix. Il y en eut cinq seulement qui le portèrent précisément sous cette forme : les autres avaient un signe couleur de sang ; mais comme il ne figurait pas une croix, on lui donna le nom de nielle. De ceux qui naquirent avec la croix, le premier fut Fieu r avant; le second, Beuve; le troisième, Charlemagne; le quatrième, Roland, et le cinquième Guillaume d’Orange (2).
On retrouve la trace de cette légende dans le poème déjà cité de Florent etOctavien. Octavien, empereur de Rome , a le même sujet d’affliction que Florel :
Dokns fu l’emperere qui moult fist à prisier
Qu’avoir ne poet enfans de sa gente moullier.
Mais, à la fin, il a bien sujet de se consoler : l’impératrice donne le jour à deux jumeaux qui ont
Cascun se crois vremeille qui moult reluisoit cler
Dessus leur diestre espaulle (}).
On voit par là que notre poète n’a pas suivi la légende à la lettre , puisque de la croix ver-