‹ Macaire chanson de geste publiée d'après le manuscrit unique de Venise, avec un essai de restitution en regardChapitre 6 sur 118 · C’est le récit de Scaliger · texte numérisé non relu

C’est le récit de Scaliger

Préface. xlj

licus, et que cela ne peut convenir à un gentilhomme archer du roi ; cette difficulté , dis-je , n'est rien, car un gentilhomme qui est ordinairement auprès du roi pour le garder se peut fort bien appeler Aulicus.

Quoique le récit de LaColombièrene soit ni le premier ni le dernier, c’est celui qui est resté en possession de l’estime des savants, celui que rapporte Montfaucon (>), celui que de nos jours on cite le plus volontiers ( '* ).

A en croire le catalogue des Monuments de l'histoire de France récemment publié par M. Hennin, le récit de Vulson de la Colombière serait accompagné d’une planche in-folio représentant le combat en duel de Macaire et du chien d’Aubri , ce qui est exact ou le paraît à première vue si l’on consulte les exemplaires du Vrai Theatre d'honneur et de chevalerie conservés à la bibliothèque de l’Arsenal et à la Mazarine. Mais la gravure qu’on y voit ne me semble pas avoir été faite pour l’ouvrage, et sans doute elle y a été ajoutée après coup (*).

1. Monuments de la monarchie française, t. 111, p. 68 et suiv.

2. On le trouvera à l’Appendice, sous le n° VIII, p. 324— *28.

*. D’abord, dans les deux exemplaires de la Bibliothèque impériale, dont l’un est de la réserve, on chercherait vainement cette estampe, et rien n’indique qu’elle ait jamais dû en faire partie. En second lieu, dans l’ouvrage de la Colombière les planches indiquent par un chiffre gravé les feuillets du texte auxquels elles se rapportent. On voit bien un renvoi de ce genre sur les deux estampes ajoutées aux exemplaires de l’Arsenal et de la Mazarine , mais le renvoi est écrit à la main et, dans chaque exemplaire, de la même main et de la même encre.

Préface.

xiij

Il est fort probable que l'estampe dont il s’agit parut peu de temps après le livre de La Colombière, et que l’éditeur de ce livre, Augustin Courbé, en enrichit les exemplaires qui lui restaient, ou du moins quelques-uns. La question du reste est de bien peu d’importance. Il est plus intéressant de rectifier ici les renseignements inexacts que donnent deux ouvrages spéciaux sur l’auteur de l’estampe, lequel est un graveur connu , René Lochon , déjà habile en 1 6 5 1 (ce qui ne permet guère de le faire naître en 1640, ni même en 1636), et maniant encore le burin en 1673, sinon plus tard (>).

L’estampe de Lochon est la reproduction en contre-partie de la gravure du XVIe siècle mentionnée ci-dessus. Elle se sent de l’influence de l’original et en rappelle le faire. Aussi la croiraiton plus ancienne qu’elle ne l’est réellement. Elle porte en tête cette double légende :

1 . Dans VHistoire artistique et archéologique de la Gravure en France , par Alfr. Bonnardot, Parisien (Paris, 1849, in-8°), on lit, p. 261 :

« René ou Robert Lochon, né en 1640, grava en 1659 et 1673. »

Cette dernière date est exacte ; à la première il faut substituer au moins 1 6 j 1 , année où parut simultanément en italien et en français le Traité de la Peinture , de Léonard de Vinci, pour lequel Lochon grava des planches (Paris, Langlois, in-fol.). — René, et non Robert, était le prénom de Lochon, qui a signé quelques gravures : Ren. et Renatus.

M. Charles Le Blanc, dans son Manuel de l’Amateur d’estampes (Paris, Jannet, i8$6), dit que René Lochon était né à Boissy en 1636 ou 1640. — U a signé l’estampe qui nous occupe : r. lochon lutetianus.

Préface. xliij

MONTARGO INITVM CANIS CERTAMEN ADVERSVS NOBILEM HERI INTERFECTOREM.

COMBAT D’VN CHIEN CONTRE VN GENTILHOMME QVI AVOIT TVE SON MAISTRE. FAICT A MONTARGIS.

Elle fut publiée à Paris, chez Jacques Lagniet, cet éditeur dont on connaît le Recueil des plus illustres Proverbes (165 7-6?) O).

Le même Lagniet en publia une réduction dont on peut voir deux exemplaires au Cabinet des estampes de la Bibliothèque impériale (*). Cette réduction est une eau-forte anonyme en tête de laquelle on lit :

LA MANIERE QUE LES FRANÇOIS ESTOIS HABILLIÉ IL Y A ENVIRON 3OO ANS SOUBS LE REGNE DE CHARLES VI ET CHARLES VII

et au-dessous, le titre français de la gravure de Lochon.

Au bas de l’estampe est un récit du combat qui ne fait qu’abréger celui de Vulson de la Colombière (î).

Plus tard, en 1666, un grave conseiller d’État recommence à célébrer la loyauté du chien d’Aubri , non sans prétendre à rectifier le récit de La Colombière, qui alléguant cette histoire dit ne sca-

1 . Il a inséré ici son nom et son adresse dans le tonneau du chien, où on lit : A Paris chez Jaq. Lagniet deritre le four Levesque sur le cay de la Megiss[erie ].

2. Recueil de Fevret de Fontette, intitulé : Histoire de France, à la date de 1 37 1 .

3. M. Hennin n’indique pas cette estampe dans son catalogue ; il l’a peut-être négligée comme de peu d’importance.

P R ÉFACE.

voir le genre de mort du traître Macaire. Mais messire Guillaume Ribier est mieux informé; il sait de science certaine que Machani (c’est ainsi qu’il l’appelle) fut pendu et étranglé au gibet de Montfaucon (').

A soixante ans de là, voici le P. Vanière qui exerce sa muse latine sur le même sujet , et lui fait chanter les louanges du molosse vengeur, thème innocent dont il n’abuse pas, du reste, puisqu’il n’y consacre que treize vers (a).

Dans cette galerie de crédules narrateurs et d’admirateurs si bénévoles, qui s’attendrait à voir figurer l’un des plus savants, l’un des plus célèbres bénédictins de Saint-Maur, Dom Bernard de Montfaucon? C’est pourtant lui qui y tient la plus grande place. Dans le tome III aes Monuments de la monarchie françoise , qui parut en 1 7 j i , se trouve une planche ainsi intitulée : Le Combat d’un chien contre un gentilhomme qui avoit tué son

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