‹ Machault d'ArnouvilleChapitre 106 sur 268 · La Boissière à Macliaiilt, 12 ocloljre 1749, H · texte numérisé non relu

La Boissière à Macliaiilt, 12 ocloljre 1749, H

1S4 MACIIAULT D'aRNOUVILLE.

qu'ils avaient reçus « comme une preuve qu'ils n'ont pu, pendant tout le cours de cette tenue, délibérer et agir avec liberté », et chargèrent la commission intermédiaire de rédiger des remontrances. Le 13, la session était close. .Jamais on n'avait vu d'Etals aussi rudement et aussi rapidement menés.

Le gouvernement avait gain de cause en apparence, puisque tontes ses intentions étaient réalisées. Mais la perception du vingtième n'en restait pas moins extrêmement difficile. Les protestations des membres des Êlals contre les divers incidents qui avaient marqué la tenue laissaient planer quelques doutes sur la légalité des votes qu'on leur avait arrachés. Leurs plaintes répandirent dans la province une vive irritation. Avec une perfide habileté, ils atTectèrent de représenter comme l'expression formelle de la volonlé du roi, c'est-à-dire du contrôleur général, les ordres simplement conditionnels qui leur avaient été signifiés, et qui n'existaient plus depuis qu'ils avaient pris le parti de la soumission. « L'assemblée a reconnu avec la plus vive douleur, fut-il dit dans leurs remontrances S que le but de cette convocation était de continuer le dixième sous le nom de vingtième, de priver la province de son administration, ou d'y mettre des conditions si dures qu'il lui serait impossible de s'en charger.... Chacun s'est dit à soi-même : il n'est pas possible que le plus juste des rois, en môme temps qu'il déclare supprimer le dixième, veuille cependant le laisser subsister en imposant les mêmes sommes pour le vingtième; mais ces tristes réflexions n'ont rien pris sur leur soumission. Ils se sont crus seulement en droit de faire des représentations, moyeu aussi respectueux que légitime,... et cette consolante ressource leur a encore été refusée.... Si le plan de régie qui a été annoncé aux États a lieu, non seulement on verra renaître les frais de poursuites et de contrainte dont la province a été affligée pendant les premières années du dixième ~, mais môme le moyen que la bonté de Votre Majesté ouvre à son peuple pour se procurer justice occasionnera nécessairement des frais beaucoup plus considérables qui achèveront sa ruine.... Le nombre des cotes de 5 livres et au-dessous est infini; tous ces particuliers ne peuvent se pourvoir qu'en chargeant un procureur de présenter leur requête, et d'en solliciter l'effet. .. 11 est évident qu'il en coûtera plusieurs millions à votre pauvre peuple sans aucune utilité pour Votre Majesté. Un des articles du nouveau plan porte que les modérations qui seront accordées seront rejelées sur ceux qui ne se seront point pourvus : ainsi ceux qui consentiront à payer le dixième au lieu du vingtième ne seront pas encore tranquilles; ils seront continuellement surchargés jusqu'à

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