‹ Machault d'ArnouvilleChapitre 113 sur 268 · De la Boissière à Machault, 4 novembre · texte numérisé non relu

De la Boissière à Machault, 4 novembre

Le lendemain, le tumulte recommença de plus belle quand fut faite !a lecture du rapport des députés à la cour sur les remontrances de l'année précédente et de la réponse qu'elles avaient reçue : « ce ne fut pas comme la veille une commission extraordinaire qu'ils demandèrent sur cette affaire; ils déclarèrent impérativement qu'ils ne voulaient pas qu'on en nommât aucune autre ni qu'on entendit ou travaillât à aucune autre affaire, avant qu'ils n'eussent eu satisfaction sur cellelà; on crut encore bien faire et les ramener en cédant avec complaisance au point de ne pas nommer aux autres commissions que celle-là n'eût fait son rapport; mais ce point-là gagné, ils allèrent plus loin et demandèrent que les trois ordres des États, leurs présidents à leur tête, s'engageassent réciproquement et par parole d'honneur à ne travailler à aucune autre affaire que celle-là ne fût consommée : celte proposition ayant révolté MM. les présidents, qui lui donnèrent le nom de confédération, et le plus grand nombre de l'assemblée l'ayant rejetée avec indignation, la cabale craignit de perdre l'avantage qu'elle venait de remporter, et se ramena à l'avis qui passa dans les trois ordres de ne nommer que cette commission-là, laquelle travaillerait incessamment; et que cependant on entendrait les rapports des députés en cour, des députés à la Chambre des comptes de Nantes, des procureurs généraux syndics et de leurs substituts, et celui de la commission intermédiaire * ».

Tandis que l'assemblée vaquait à ces diverses affaires, aussi calme qu'elle l'avait été peu précédemment, la commission élue pour le vingtième, à la tète de laquelle on eut soin de mettre l'évèque de Vannes, travaillait à son rapport, trop vite au gré des Étals, trop lentement aux yeux des commissaires du roi. Ceux-ci n'étaient pas cependant sans redouter extrêmement le moment où la délibération sur le vingtième s'engageant aux États, ils seraient forcés de signifier leurs ordres positifs de ne rien entendre et de ne rien transmettre sur cette affaire. Le duc de Chaulnes surtout cherchait à prévenir l'éclat qu'il prévoyait en s'efforçant d'obtenir du contrôleur général quelque adoucissement dans ses instructions. Cet homme, que l'évèque de Rennes accuse dans sa correspondance avec le comte d'Argenson de vouloir des troubles pour augmenter l'importance de son commandement, en réalité ne perdait pas une occasion pour amortir la violence des chocs et pour plaider à la cour eu faveur des États. Il représentait à Machault que I 880 000 livres excédaient vraiment le vingtième des revenus de la province; il trouvait fondées quelques-unes des réclamations qu'il entendait faire sur la forme des déclarations, et aurait souhaité qu'on n'exigeât d'abord des contribuables que la moitié de leurs anciennes cotes de dixième, sauf, s'ils ne

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