Chaulnes à Machault, V.i octobre 1752, H
des rôles du dixième n'était imputable qu'aux contribuables eux-mêmes, qui n'avaient pas remis de déclarations ou n'en avaient remis que d'informes '■ : les non-déclarants n'avaient pas été doublés chaque année, comme le portait le texte des ordonnances des 1" mars 1730, 20 avril 1751 et 28 mai 17o2 - : ces rôles eux-mêmes, copiés de ceux du dixième, contre lesquels s'élevaient de si âpres réclamations, se trouvaient inférieurs aux chiffres que devaient atteindre en 1733 les rôles dressés sur des déclarations non vérifiées ^; de plus, la voie des requêtes en modération, sauf paiement préalable de la moitié de la taxe, était toujours ouverte à ceux qui pourraient justifier d'une surcharge réelle, et ouverte, quoi qu'on en dit, sans frais, sans difficultés et sans retards* : les tarifs dressés pour la vérification des déclarations étaient faits avec une modération extrême ^; enfin, et surtout, ces rôles de 1751 et de 1752, prétexte à tant de lamentations et de récriminations dans les Étals de 1732, n'avaient pas même été recouvrés à moitié lorsque s'ouvrit cette session. L'évêque de Rennes, bien mal disposé, comme on sait, pour Machault et pour le vingtième, en convenait tout le premier : « A les entendre, écrivait-il au comte d'Argenson le 21 octobre 1732, ils ont déjà payé 6 années de vingtième : entre ceux qui le disent, il y a à parier qu'il s'en trouve qui n'ont pas encore payé un écu " ».
Lorsqu'arriva le moment de la session de 1732, l'administration du vingtième était donc plus haïe que jamais, quoiqu'elle n'eût presque rien obtenu, et les Bretons obstinément convaincus qu'ils étaient tyrannisés,.
1. Les déclaralioQs ne commencèrent à être remises en quantité appréciable que dans le courant de ITSl, trop tard, et surtout d'une manière trop défectueuse, pour servir à la rédaction des rôles de i~o-2. (Observations de l'intendant Le Bret sur le cahier présenté par les États de lirelagne en 1754, II. 332.) Encore au mois d'octobre 1752 il n'y avait que 330 000 déclarations de données sur environ 400 000 contribuables que contenait la province. (Cliaulnes à Machault, 13 octobre 1732, IL 327.) Tous ceu.x qui l'avaient rédigée d'une manière à peu près convenable étaient taxés d'après elle (Machault au duc de Chaulnes, 9 octobre 1752, H. 327); mais le nombre en était très petit.
3. Le dixième était de 1 800 000; les rôles de 1750, qui le reproduisaient en grande partie, furent d'environ 1 600 000 1. (H. 333); ceux de 1753 atteignirent 1682 711 1. (biens-fonds, 1 349 315; industrie, 27 931; offices et droits, rentes sur les États de Bretagne, etc., 305 465). (H. 333.)