SON ORIGINE
universitaires. La querelle s'engagea au sujet de cet arrêt, que les molinistes disaient être tombé en désuétude, et dont les jansénistes soutenaient la validité. Trois commissaires, d'Argenson, Forlia et Machault, furent nommés par le conseil d'Élat pour examiner l'affaire. Le gouvernement comptait sur leur docilité : quel ne fut pas son désappointement, quand les trois commissaires présentèrent un rapport concluant à l'observation de l'arrêt du Parlement! Toutes les démarches furent tentées pour les faire revenir sur leur avis, mais sans succès : menaces et séductions échouèrent également devant la constance des trois commissaires, qui partageaient apparemment l'opinion exprimée par l'un d'eux, d'Argenson : respect à la Bulle, l'accepter comme règle de foi, mais laisser les jansénistes en repos, et ne pas seconder ces coquins de molinistes qui poussent avec fureur aux persécutions, par ambition '. 11 fallut donc obtenir du conseil d'Élat un avis opposé à celui de ses commissaires, et en effet un arrêt du conseil du 11 mars 1730 décida que chaque nation suivrait ses coutumes pour l'élection des intrants appelés à nommer le recteur, c'est-à-dire que l'arrêt parlementaire de 1670 resterait nul et non avenu. L'abbé de Ventadour fut élu, et un de ses premiers actes fut de faire faire à la Faculté des arts, dans une réunion solennelle, le 1 i mai 1739, une rétractation de sou appel et une acceptation pure et simple de la constitution.
Dans cette atfaire, Machault n'avait pas craint de résister ouvertement au parti qui disposait alors souverainement des grâces et des faveurs, voire même au roi qui s'était intéressé personnellement au succès de l'abbé de Ventadour avec toute la haine que son précepteur lui avait inspirée contre le jansénisme. Il est vraisemblable qu'on ne sut pas bon gré à ce jeune homme d'un tel acte d'indépendance; toujours est-il que ce fut seulement après la mort du cardinal Fleury que Machault vit s'ouvrir devant lui la carrière des intendances : le comte d'Argenson lui fit avoir, ou plutôt, s'il faut en croire Sénac de Meilhan -, le força presque à accepter en 1743 celle du llainaut, dont, en sa qualité de secrétaire d'État de la guerre, il avait la disposition. Le poste était important : plusieurs intendants de Valenciennes ont été célèbres au wiii" siècle ^•, quelques-uns sont passés directement de celte intendance au contrùle général des finances : en 1743, la guerre qui allait s'étendre aux Pays-Bas le rendait plus important encore. L'intendant d'une province voisine du théâtre de la guerre avait sans cesse à s'occuper du passage des troupes, de leurs approvisionnements, à recevoir les généraux, parfois le roi lui-même, qui traversa le Hainaut deux ans de suite,