‹ Machault d'ArnouvilleChapitre 140 sur 268 · D'Aiguillon ;i Machault, 29 décembre l'o3, H · texte numérisé non relu

D'Aiguillon ;i Machault, 29 décembre l'o3, H

4. Rôles de 1753, sur les déclarations non vérifiées, 1682 711 1.

mais il faut les laisser jouir de celte chimérique espérance. » Moyennant cette précaution, et le retour des exilés, qu'il déclarait indispensable, qu'il aurait même voulu pouvoir annoncer dès son arrivée dans la province comme don de joyeux avènement ', le duc d'Aiguillon se flattait d'avoir du calme dans les États suivants. Cependant, malgré son optimisme, il reconnaissait dans son rapport au contrôleur général qu'il y avait toujours un reste de feu se réveillant de temps à autre, que tout était à craindre si l'on voulait appliquer en Bretagne toute la rigueur des lois sur le vingtième, et que si l'autorité voulait la paix, elle serait obligée de faire en quelque sorte amende honorable aux exilés de 1752. Plus s'approcha le temps de la session de 1754, et plus s'affirmèrent ces dispositions peu rassurantes. Machault était donc forcé ou de faiblir, et il ne pouvait s'y résigner, ou de persévérer, et alors d'aiïronter à nouveau ces luttes épuisantes de 1752, peut-être de lasser la patience royale. La perspective des embarras certains que lui réservaient les États de Bretagne pour 1754 ne fut probablement pas étrangère à la satisfaction qu'il éprouva à quitter des fonctions où il n'avait plus que désagréments à subir, sans espérance de faire triompher ses vues.

Sous un nouveau contrôleur général, qui n'était pas désigné par ses antécédents, par son programme hautement avoué, à une haine aussi forte de la part de tous les privilégiés du royaume, les États n'avaient plus les mêmes motifs d'hostilité contre le pouvoir central. M. de Séchelles débuta d'ailleurs par des concessions. Un arrêt du 30 août 1754 ^ accorda aux députés du tiers dans les États de 1752 le doublement de leur rétribution ordinaire, à cause de la longueur inaccoutumée de la session; ce doublement était vainement réclamé par eux depuis près de deux ans. Il révoqua aussi les exils prononcés après les derniers États. On lui attribuait enfin des idées toutes différentes de celles de Machault sur l'administration : « Il est aussi persuadé, dit d'Argenson, que la commune gérerait mieux que les officiers royaux, que Machault était entêté contre toute portion démocratique. Celui-ci, quoique bien plus jeune que M. de Séchelles, avait les fibres de l'àme raides autant que Séchelles les a souples et justes pour se replier selon le temps ^. » On recommençait à espérer un abonnement du vingtième. Il n'en fut rien; le gouvernement maintint aux Etats de 1754 le principe de la régie, malgré l'opposition toujours violente de la noblesse; l'on put mesurer, aux difficultés que rencontra encore M. de Séchelles dans cette session, celles qui auraient été faites à Machault. Mais le ministère ne

1. Les exils ne furent pas levés; mais dès la fin de 1"j3 ils furent adoucis pour presque tous les gentilshommes exilées, qui furent rapprochés de leur province ou même recurent des autorisations d'y faire des séjours temporaires.

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