Cf. Taine, Ancien réf/ime, p. 538, n
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accordée, que la réalité dépassait très sensiblement les chiffres ofûciels et convenus '.
Si le clergé a tenu à dire son mot dans la question alors si discutée du chiffre de ses revenus, le contrôleur général a de son côté fait procéder à des recherches qui ont donné, comme il était naturel, un résultat extrêmement différent. Une circulaire envoyée par lui le 23 décembre 1750 prescrivit à tous les intendants, subdélégués, maires et syndics, de dresser des états aussi exacts que possible du produit des biens-fonds et du casuel possédés par les ecclésiastiques dans l'étendue de leurs circonscriptions. Leurs recherches portèrent le total des revenus du clergé à 2b0 millions ^•, défalcation faite de 30 millions et demi pour le clergé étranger, de 60 millions et demi pour les hôpitaux, collèges, établissements de charité, qu'ils comprirent parmi les biens ecclésiastiques et qui ne sont pas ici en question, il restait lo9 millions pour les revenus du clergé de France. Nous nous trouvons donc en présence de ces deux estimations : l'une, celle du clergé, manifestement insuffisante; l'autre, celle du ministre, peut-être plus vraisemblable, mais qui, émanant du parti hostile et pouvant être soupçonnée d'exagération, doit être aussi écartée, dans l'impossibilité où nous sommes de la contrôler. Mais en s'en tenant à un chiffre intermédiaire et en supposant un revenu d'environ HO millions pour le clergé de France, on peut être assuré sinon d'éviter toute erreur, au moins, ce qui importe ici le plus, de ne pas pécher par excès. Ce chiffre est d'ailleurs celui auquel est arrivé M. Léouzon le Duc après de sages et consciencieuses recherches 3; c'est à peu près ce qu'affirmait en 1764 l'abbé Expilly,car les 127 millions et demi auxquels il évaluait le revenu de l'Église pour tout le royaume
1. En voici quelques exemples parmi les bénéfices qui subirent des mnlations vers le temps du ministère de .Machault.
L'archevêché de Tours a un revenu nominal de 40 000 1. et un revenu réel de oOOOO (Luynes, 18 août 1750, X, 312j; 1 evèché d'Autun, .^iù 000 aussi, et non 17 000 (Luynes, XVI, 388); l'abbaye de Vauluisant est portée pour 12 000, et la caisse des économats l'allerme en l'ol pour 17 200; celles de la Charité, de Sainl-Germer, évaluées chacune 12 000 1., devraient l'être 15 à 18 080 (Luynes, mars 1754, XIII, 208); celles de Breleuil,de Saint-Vincent de Laon, de Coigny, de Saint- Vincent du Luc, respectivement 26 000 (Luynes, 17 août 1753, XIII, 33), 20 000 (février 1754, XIII, 164), 20 000 (décembre 1754, XIII, 406), 0 000 (septembre 1754, XIII, 335), au lieu de 10 000, 11000, 15 300, 5 500. Labbé de Nicolaï lui-même, si modéré dans son appréciation des revenus ecclésiastiques, aurait sans doute été fort déçu, ?i, quand il devint évèque de Verdun en 1734, il n'avait trouvé que les 30 000 1. de l'Almanach, au lieu des 57 000 que son siège devait lui rapporter immédiatement, et 80 000 dans un avenir plus éloigné. (Luynes, 23 avril 1754, XIII, 233.)
2. Bibl. de l'Arsenal, ms. 4064. Cette statistique indique : 1° les revenus par diocèse et par province ecclésiastique; 2» le détail de ces mêmes revenus par chaque catégorie de bénéfices, évêchés, cures, chapitres, prieurés, abbayes, etc.