‹ Machault d'ArnouvilleChapitre 156 sur 268 · lôid., p · texte numérisé non relu

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eau bureau diocésain, un seul curé y prend place, bien qu'il y ait 400 curés dans le diocèse '. A Digne, la misère est si grande parmi les curés, et les honoraires du bureau diocésain (0 livres par an; 3 séances à 3 livres) si ardemment recherchés, qu'il s'est établi l'usage d'y faire entrer des curés à tour de rôle -. Il est en somme très rare que le député des curés soit vraiment le représentant de ses collègues, plus rare encore qu'il puisse être élu par eux avec toute l'indépendance désirable, car l'évêque a mille moyens de peser sur le scrutin et de faire prévaloir ses volontés. Dans ces conditions, loin d'être une garantie et une protection pour les curés — pour le 3*^ ordre, selon l'expression qui commençait à s'introduire, — l'institution des bureaux diocésains n'était guère pour eux qu'une cause de surcharge, vu les frais et honoraires qu'ils coulaient. Dépendant étroitement de l'évêque, agissant sans publicité, sans qu'aucun moyen de contrôle fût laissé aux intéressés, les députés n'avaient garde de se montrer trop rigoureux quand il était question de fixer le contingent du prélat, ou trop parcimonieux pour les dépenses déclarées par lui nécessaires. Puis en fait le rôle des bureaux diocésains se bornait presque à approuver sans discussion la répartition déjà faite par le receveur des décimes du diocèse; et il ne pouvait en être autrement, vu la brièveté des sessions. Le receveur des décimes lui-même sait parfaitement que le plus clair de ses bénéfices se compose des intérêts qu'il est en droit d'exiger des ecclésiastiques qui auront laissé passer les termes consacrés, 4®'" février et \^'^ octobre, sans payer leurs décimes; ces intérêts sont très forts, au denier 16 (plus de 6 0/0); quel désintéressement héroïque il faudrait à cet officier, qui sait ce que sa charge lui coûte et qui est exposé chaque jour à fournir quelque supplément de finance, pour ne pas incliner secrètement à. grossir la cote des contribuables gênés, de ceux qui, payant mal, sont d'un meilleur profit que les autres ^i

Les béuéflciers les plus pauvres sont donc surchargés, et tout particulièrenienl les curés à portion congrue. Une déclaration de 1690 défendait que la taxe de ces derniers dépassât 50 livres '*; elle permettait donc d'atteindre ce chiffre, soit ijtà^ de leur revenu misérable. Au commencement du xYiii'= siècle, ce maximum est élevé à 60 livres ; encore a-t-on soin d'ajouter qu'il pourra être plus fort pour ceux des curés congruistes

1. Précis des rapports de l'agence générale du clergé, p. 736.

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