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3. Réponse critique à la Voix du Sage et du peuple, par l'abbé Gaultier. (Recueil de pièces, t. Vlil.)
garde de son tuteur; dès que la foi se manifeste en actes publics, elle tombe sous son contrôle; l'Église est comme un vaisseau dont l'autorité spirituelle tient le gouvernail, et où le commandement suprême, où les fonctions de capitaine, appartiennent au souverain. Mais ces mêmes gallicans, Le Vayer de Boutigny par exemple dans son traité de l'autorité des Rois sur le gouvernement de l'Église, déclarent « que l'Église ne peut jamais abandonner à l'Etat une chose de nécessité de salut ». Cette subordination sans restriction de l'Eglise à l'État, cette importation en France de l'anglicanisme, était infiniment plus qu'il ne fallait proposer à un roi très chrétien. Elle ne scandalisa pas moins Louis XV que le pape Benoit XIV, qui devait envelopper la Voix du Sage et du peuple dans la môme condamnation que les lettres Ne repugnate i; et Voltaire, qui semble avoir compté sur sa brochure pour conquérir définitivement les bonnes grâces d'une cour où il se sentait toujours l'objet de la défiance du maître, en fut pour son excès de zèle. Il s'aperçut, à la froideur significative que lui témoigna le roi, qu'il était loin d'avoir avancé ses alfaires et cet événement ne fut pas étranger à la résolution qu'il prit alors de partir pour Berlin -, poursuivi par les sarcasmes assez mordants d'une petite brochure cléricale, la Voix du poète et du lévite ^, qui soulignait sa déconvenue et sa déception.
Voltaire éloigné de France, une foule d'écrivains continuèrent à harceler le clergé de leurs attaques, tantôt savantes, tantôt plaisantes; des ennemis déclarés de la religion, comme Toussaint '', ou des chrétiens zélés et sincères comme l'ancien procureur général Joly de Fleury; des hommes poussés par le contrôleur général, comme l'abbé Constantin, qui écrivit à. la gloire de Machault et à la confusion des évêques une vigoureuse satire du haut clergé, la Voix du prêtre, et que la protection déclarée du contrôleur général n'empêcha pas de passer treize mois à la Bastille "; des jansénistes surtout, qui se trouvèrent naturellement
i. H est à remarquer que ces deux libelles, les plus agressifs contre le clergé, furent les seuls queia cour de Rome condamna. Le pape Benoit XIV montra certainement beaucoup de modération dans l'alTaire des immunités; son attitude pleine de réserve était un blàrae de la conduite de l'épiscopal français : sa correspondance montre qu'il ne partageait nullement les passions de celui-ci.
2. Il en convient lui-même dans une lettre qu'il écrivait de Berlin en août 1750 au maréchal de Richelieu pour le prier d'intercéder pour lui auprès de Mme de Pom[)adour. {(Mnvres, t. XXXVli, p. 1G:S.)