‹ Machault d'ArnouvilleChapitre 175 sur 268 · I. Recueil de pièceS; l. V · texte numérisé non relu

I. Recueil de pièceS; l. V

amour.... En eiïet, dans les Etats d'une province privilégiée, les chefs du Gercel, qui avaient droit d'y assister pour représenter les besoins du peuple et son état actuel, furent très exacts à tenir leur parole, ce qui fit dire alors qu'ils avaient fait du cuir d"autrui large courroie. »

Il ne manquait plus que de mettre dans la bouche des prélats euxmêmes une confession sans réticence de la gravité des abus qu'ils s'obstinaient à défendre et des vues intéressées qui les animaient : c'est ce procédé qu'emploie la Lettre d'un saint évéque à un archevêque bien intentionné \ un des mieux inspirés parmi tous les libelles du parti de Machault, et où il n'y avait pas un mot qui ne portât. Le prétendu évèque commence par convenir des résultats fcàcheux du système d'emprunts adopté par le clergé pour le paiement de ses dons gratuits : il démontre à son correspondant la nécessité de donner les déclarations « que tous tiennent prêtes depuis du temps, et que chacun eût données, si les évêques ne les en avaient empêchés en leur faisant entendre que le Roi allait révoquer sa déclaration », de faire à Tavenir les répartitions au marc la livre des revenus déclarés, et de faire imprimer dans chaque diocèse le département des décimes : « Tout le second ordre s'obstine à croire qu'au marc la livre il serait imposé moitié moins : il est persuadé, avec tout le public, que le clergé jouit de 80 millions de rente, et que ses charges annuelles... ne montent pas à 6 millions. Il murmure qu'on le taxe au quart de son revenu, tandis qu'au marc la livre il ne serait pas taxé au 1.3'^. » La religion n'est nullement intéressée dans l'espèce de débat que le clergé a avec le roi : « .le suis honteux, continue notre auteur, qu'on ait osé dire dans un écrit que c'était mettre Jésus-Christ à la taille - ». Le clergé a-t-il bien réfléchi à la situation à laquelle il s'exposerait par une prolongation de résistance, et peut-il croire que le roi tolère longtemps une pareille désobéissance de la part du premier ordre de son État? « Le Roi peut nous défendre de sortir de nos diocèses sans une permission limitée et par écrit de sa part.... Il peut nous ôter toutes les charges que nous avons à la cour, parce qu'elles nous éloignent de notre troupeau.... 11 peut nous défendre le violet, le rouge, l'or, et toutes les distinctions que nous nous donnons dans le monde et qui ne nous appartiennent qu'à l'église, en ofllciant : car le Roi est incontestablement le seul maître des rangs et des distinc-

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