‹ Machault d'ArnouvilleChapitre 180 sur 268 · Dom La Taste · texte numérisé non relu

Dom La Taste

en 1789 à ses privilèges, en 1801 à la revendication de ses biens, et qu'il reconnut pour le culte, dont les évêques de 1750 prédisaient la ruine en cas d'infraction aux immunités ecclésiastiques, la possibilité de vivre, prodigieux renversement des rôles! avec des subsides demandés désormais à l'État et accordés par lui.

Les libellistes ecclésiastiques auraient pu s'en tenir là : si l'immunité était en effet de commandement divin et une condition nécessaire de l'existence de la religion chrétienne, la cause était entendue, et il était inutile de chercher de plus amples raisons; car les adversaires les plus déterminés de cette immunité se faisaient fort de n'en point vouloir à la religion elle-même. Ils ont tenu cependant à pousser plus loin leur démonstration, et aux titres qu'ils prétendaient trouver dans la loi de Dieu joindre ceux que l'histoire, interprétée à leur guise, leur semblait leur procurer.

On pourrait leur accorder à priori tout ce qu'ils s'efforcent de prouver par un laborieux et puéril amoncellement de textes et de raisonnements sophistiques sans qu'il en résultât aucune conséquence en faveur de la thèse qui leur est chère; car il resterait à prouver, si réellement l'Église n'a jamais donné que des subsides volontaires, que ce qui s'est fait autrefois doit continuer à se faire encore, et que l'Église devenue riche doit être traitée comme l'Eglise quand elle était pauvre. Il est vrai que pour les évêques, amis de la tradition, celle question n'en était pas une, et que l'ancienneté d'une coutume était une preuve suffisante de sa légitimité : « Quand on ne prouverait point, dit l'évèque de Grenoble, le rajiport immédiat de la question des immunités avec la conservation de la religion dans son intégrité, il suffirait que cette relation ait été aperçue par la multitude de ceux qui ont déposé sur ce point d'une manière uniforme,... etpour lors on devrait conclure qu'il y a beaucoup à gagner à garder les coutumes anciennes, à suivre l'ordre des choses établi; et demander que dans une pareille conjoncture on continue à faire ce qui s'est fait, c'est tenir un langage que la droite raison avoue pleinement 1 ».

Voici donc venir l'interminable liste « de ceux qui ont déposé sur ce point dune manière uniforme »; elle remonte haut, et elle s'étend loin, car on y voit cités les Lévites chez les Juifs, les Pharaons, Artaxerxès, Numa Pompilius, les lois des Anglo-Saxons, des Lombards, des Bavarois, des Polonais, des Sarmates, des Turcs. Ces peuples étaicntplongés dans l'égarement des religions fausses; ils savaient cependant qu'il fallait un culte, que ce culte exigeait des ministres, que ces ministres méritaient des distinctions toutes particulières, et que la plus indispensable de ces distinctions était rexemplion do tout tribut. A quoi la Lettre dhin

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