‹ Machault d'ArnouvilleChapitre 183 sur 268 · Soulavie, Mémoires de Ilichelieu · texte numérisé non relu

Soulavie, Mémoires de Ilichelieu

"2. D'Ar^'enson, 20 mars n.ïd.

'.i. Ibid., 18 mars.

■4. lùid., 23 juillet.

étaient, daprès lui, devenus si universels que la police, débordée, se contentait d'observer et d'espionner, mais n'en arrêtait plus les auteurs, car il aurait fallu arrêter tout le monde. L'idée dune révolution aurait été présente à tous les esprits : " On ne parle que de la nécessité d'une prochaine révolution par le mauvais état où est le gouvernement du dedans. Parmi l'argent qu'on a mis dans les troncs des églises pendant le jubilé, on a trouvé quantité de billets de gens qui demandent cette révolution et la conversion du roi. On est très mécontent dans le public de tous et de chacun de nos minisires'.... » Ce n'était même pas aux ministres seuls que l'on s'en prenait : les menaces de mort n'auraient pas été épargnées au roi lui-môme; des convulsionnaires auraient avoué en vouloir à sa vie, et il aurait trouvé sur sa cheminée un sinistre billet ainsi conçu : « Tu vas à Choisy et à Crécy; que ne vas-tu à Saint- Denis -! » Or c'était le poids des impôts qui était la principale cause de ce déchaînement des esprits : « Bientôt le peuple se fera des chefs pour demander qu'on ôte les impôts; on s'en prendra au ministère, qui est dur, et cela avec raison, car en vérité il est trop impitoyable et trop méchant : jamais, sous un si bon roi, il n'y a eu de si cruels ministres ^ ». Faisons là dedans la part de l'exagération, qu'il faut toujours faire, et faire grande, quand il s'agit du marquis d'Argenson : il n'en reste pas moins vrai que le clergé aurait pu trouver quelque écho parmi le peuple* s'il avait songé à d'autres qu'à lui-môme, s'il avait invoqué

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