‹ Machault d'ArnouvilleChapitre 190 sur 268 · laid., 21 juin 17o · texte numérisé non relu

laid., 21 juin 17o

.•;. Ibid., 28 avril 1750. — Luyues, septembre 1750.

6. D'Argenson, 12 juillet 1750 : » .M. de Machault est devenu le véritable favori de Mme de Pompadour >-.

L'alliance de Machaultet de Mme de Pompadourne pourrait être légitimement reprochée à ce ministre que s'il avait vraiment mis le Trésor public à la discrétion de celle-ci. Il y eut certes de l'argent donné '. '< Pour les affaires de son père » Mme de Pompadour nous apprend elle-même que M. de Machault les régla à la somme de 400 000 livres ^, et ce cadeau passa dans le public pour le prix des fonctions de garde des sceaux, qu'elle l'aida si puissamment à obtenir. C'est la seule libéralité dont le journal des dépenses de Mme de Pompadour ait conservé la trace; mais il est vraisemblable que ce ne fut pas la seule. Vers le même temps, d'Argenson mentionne (12 juillet 1730) que le traitement mensuel de Mme de Pompadour avait été fixé par le roi à tOO 000 livres, mais que Machault l'avait décidée à refuser cet arrangement, en lui démontrant qu'elle y perdrait et qu'il valait bien mieux lui envoyer au fur et à mesure le mémoire de ses dépenses : c'est-à-dire qu'elle aurait le droit de puiser dans le trésor à volonté ^. Mais les récits et surtout les chiffres de d'Argenson sont bien suspects. Sénac de Meilhan présente l'histoire d'une façon toute différente, et beaucoup plus vraisemblable. D'après lui*, Mme de Pompadour était déjà depuis quelque temps maitresse déclarée, sans que le roi (on sait qu'il était peu donneur) ait songé à rien fixer pour sa dépense. Montmartel lui avançait les sommes nécessaires et ces avances allèrent jusqu'à 600 OOu livres, dont il lui envoya un jour le compte. Machault entre sur ces entrefaites chez Mme de Pompadour, la trouve fondant en larmes, et apprend d'elle la cause de ce chagrin. Il lui réplique froidement qu'il arrangera cette affaire à son travail avec le roi, et ne tarde pas à revenir avec un bon de 600 000 livres sur le trésor royal et un autre pour une pension mensuelle de 30 000. C'est de ce jour que Mme de Pompadour aurait fait du contrôleur général son homme de confiance et son ami ^.

Asurément, ces concessions spontanées du ministre à la favorite sont regrettables : cependant les quelques millions que ces générosités coûtèrent au trésor sont bien peu de chose en comparaison des ressources immenses que lui eût procurées une stricte application de l'édit de

1. Indépeudamment, bien entendu, des sommes données i)ar Louis XV, et dont Machault ne saurait être responsable.

2. J.-A. Le Roi, Curiosiléx /lis/oriques sur Louis XI \', Louis XV et Mme de Pompadour : relevé des dépenses de ]SIme de Pompadour.

3. A moins que ce ne fut pour Machault un moyen de la conserver sous sa dépendance complète.

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