l'ortrriils et rarnctihes du AT///" siècle
^}. Les indications de Mme du Haussct concordent avec celles de Sénac de Meilhan. Mme de Pompadour, dit-elle, avait de l'obligation à M. de Machault pour avoir fait rêr/ler son traitement et payer ses dettes. Le duc de Luynes se contente de dire (Extraordinaire, avril 1754, XIII, 431) : « Le garde des sceaux s'occupe beaucoup des aiïaires particulières de Mme de Pompadour, et de tout ce qui peut lui faire plaisir ».
mai 1749, et Machault n'avait pas tort d'acheter à ce prix l'utile concours de la personne certainement la plus puissante sur l'esprit de Louis XV. C'est peu de chose pour un homme d'État de concevoir d'utiles réformes sans préparer en même temps les moyens nécessaires pour les faire réussir, et c'est imprudence de sa part de ne pas faire entrer dans ses calculs les faiblesses des hommes dont il dépend. Il y a loin d'ailleurs entre les dons que Machault parait avoir faits et des prodigalités vraiment condamnables. Plusieurs faits témoignent même qu'il ne sacrifia jamais à Mme de Pompadour ni sa dignité, ni ses principes habituels d'économie. Plus d'une fois il a osé blâmer sa passion pour la dépense *. 11 rayait impitoyablement de la liste des fermiers et sous-fermiers beaucoup de protégés de la marquise -. Il refusait à une de ses créatures, M. de Bercy, une place d'intendant des finances pour laquelle celui-ci avait une recommandation écrite de sa main ^ Quand elle obtenait du roi quelques grâces, ce n'était pas sans que les ministres y eussent mis quelquefois obstacle *. Quand elle veut faire établir l'École militaire, et qu'elle se passionne pour ce projet, l'expression de son désir ne suffit pas à décider le contrôleur général; il faut aussi qu'elle recoure à l'éloquence de Duverney, son cher niçjaiid^ pour séduire M. de Machault ^ Elle redoutait d'importuner le contrôleur général par des demandes répétées : « Vous êtes trompé, écrit-elle à son père le 5 juillet 1753, si l'on vous dit que le ministre n'attend qu'une parole de moi pour accorder les 18 deniers que vous demandez pour M Bouret. Il me parait très décidé à ne pas les accorder, et vous savez mieux qu'un autre, puisque vous connaissez mon caractère, que je ne fais jamais violence aux gens que j'aime ^. » Quand elle sollicitait, elle préférait le faire indirectement et par intermédiaire. En 17;J6, le maréchal de Belle-lsle la priant d'obtenir un emploi dans la marine pour un de ses parents, Le Normand de Mézy, fut très surpris d'apprendre d'ellemême qu'elle n'avait aucun espoir de réussite, et encore plus de savoir
1. D'Argenson, i" mars 1"49, 4 mai l";i3. » Tout le monde va à révélatioa de son avarice insatiable; même M. de Macliault, sou meilleur ami, déclare au Roi que c'est elle qui cause la dilapidation des finances. » — 30 décembre l"o3 : tt M. de Machault attribue tout le mal à la mauvaise économie de la guerre et aux conseils de la marquise pour jtrodiguer ».