CHAPITRE XII
LES REFUS DE SACREMENTS ; EXIL DU PARLEMENT ; MACHAULT QUITTE LE CONTRÔLE GÉNÉRAL DES FINANCES
L'arrêt du conseil du 23 décembre iTol terminait la lutte entre le gouvernement et le clergé; mais celle du clergé avec le Parlement et celle des partis hostiles à la cour restaient aussi vives que jamais. A peine l'afTaire de l'Hôpilal venait-elle de recevoir sa solution, au moins provisoire, que s'engageait la déplorable querelle des refus de sacrements.
L'origine en a été attribuée par la plupart des historiens, Henri Martin, Lacretelle, Michelet, au désir du clergé d'exciter des troubles graves et d'engager le gouvernement dans des difficultés tellement inextricables, qu'il fût forcé de renoncer à tous ses projets contre les immunités ecclésiastiques. Rocquain ' aussi voit dans l'Injonction faite aux curés de refuser la communion et l'extrême-onction aux appelants une politique machiavélique des prélats et de leurs amis et conseillers les jésuites, pour soulever une agitation dans laquelle le Parlement ne manquerait pas de se compromettre gravement, de se ruiner peut-être, ainsi que les ministres qui le soutenaient. Celte opinion a pour elle le fameux adage Is fecit cul prodcst : il ne nous semble pas qu'elle ait pour elle la vérité. Le clergé avait peu à gagaer, au point de vue de ses privilèges menacés, à soulever des questions aussi brûlantes, et à se metire dans la nécessité de demander au pouvoir temporel un concours énergique que celui-ci pouvait lui vendre très cher. En attirant sur lui là colère du Parlement, le clergé se mettait dans la dépendance du gouvernement, puisqu'il se créait la nécessité d'implorer sa pro-