‹ Machault d'ArnouvilleChapitre 227 sur 268 · Lettre déjà citée sur les fermes et sous-fermes · texte numérisé non relu

Lettre déjà citée sur les fermes et sous-fermes

2. CoWé, Journal et Mémoires, décembre 1749. — Collé était un de ces nombreux solliciteurs que le contrôleur général avait évincés, quoiqu'il eût fait « tous les mouvements nécessaires ». 11 ne lui en garda pas rancune, car peu de temps après il obtint, par la protection du duc de Chartres, » -2 sous » dans les fermes du duc d'Orléans : car les princes du sang atîermaient aussi les droits dont ils jouissaient dans les apanages. Ces 2 sous lui rapportèrent, de son propre aveu, 100 000 livres.

3. looolOOO pour les aides au lieu de 14 723 000; I.jIOOOOO pour les domaines, au lieu de lo l'.)3 MOO. Il y avait en tout lo compagnies pour les aides, et 12 pour les domaines.

i. D'Argenson, 21 décembre i'ii'J.

o. I/ml.

ù. D'Argenson, 13 mars l';;;3. Cela n'empêche pas ce même d'Argenson de dire

376 MACHAULT u'arnouville.

n'avail-on pas l'intention de leur laisser bien longtemps le faible avantage qu'ils conservaient. Machault prt'senfait au roi le 21 septembre 17o0, et par conséquent approuvait, un mi-moire de Bouret, où il (Hait exposf' que moyennant une légère augmentation sur les gabelles et le tabac, la suppression des sous-fermiers et Télévation à soixante du nombre des fermiers généraux, rien ne serait plus facile que de porter le bail à 120 millions par an, et encore de tirer de chacun de ces soixante fermiers généraux une somme d'un million, pour cautionnement'. On le voit, les conseils de Bouret étaient plus désintéressés qu'on ne se le figure généralement, et loin d'être, comme on l'en accusait, le règne des financiers, le ministère de Macliault ne fut pas pour eux une époque prospère -. Aussi se répandaient ils en invectives contre lui : on criait contre sa « stupidité » et son « indifférence »; on aurait été bien aise d'avoir affaire à un ministre plus complaisant 3. Machault n'avait cure de ces ressentiments soulevés contre lui, et était plutôt homme à s'en faire honneur. « Le contrôleur gi'néral est détesté des gens d'affaires et se pique de l'être, dit d'Argenson S... il traite les financiers avec mépris et rudesse, d'où il arrive qu'ils ne peuvent ni ne veulent plus rien avancer par leur crédit -^ »

Aiiêter les dépenses est pour un ministre des finances une tache plus difficile encore que d'accroitre les recettes; il en était ainsi dès le règne de Louis XV, et l'on pouvait remarquer chez le contribuable, surtout quand il était roturier, moins de répugnance encore à donner son argent que chez les gens de cour à. abandonner leurs pensions et leurs profits. C'était cependant une tâche bien nécessaire; car le péril financier ne provenait pas moins de l'excès des dépenses que de l'insuffisance des recettes. Il n'aurait servi de rien à Machault d'accroitre le rendement de l'impôt et de tirer quelques millions de plus des fermiers généraux, si ces ressources avaient été destin('es à être inutilement gaspillées. Une économie sérieuse était la condition indispensable de l'amélioration des

quelques jours après dans son journal « que Machault donne les fermes à vil prix pour trouver des ressources d'emprunt chez les fermiers ». — Tout cela est de nature à iuspirer de grands doutes sur la vérité de l'anecdote citée plus haut, tirée des Souvenirs du marquis de Valfons.

1. Bibl. de l'Arsenal, ms. fr. 40C4. — Celte suppression des sous-fermes et cette augmentation du nonihro des fermiers générau.v devaient être réalisées en WV-i, mais le bail ne fut porté ([u'ù 110 millions et non à 120.

2. Le président Héuault a tort d'eu faire un reproche à Machault, mais il a vu juste en ce qui concerne les dispositions des linanciers pour ce ministre « qui les avait maltraités gratuitement, et (jui lui avaient enlevé, par leur ressentiment, la confiance du public, qui est l'àme du commerce et de la Hnance ». (Mém. du président Hcnault. p. 201.)

'■i. D'Argensou, 28 octobre ll't'J.

i. JhUl., n février 1"48.

ij. l/jid., Il octobre Hyl.

liaaaces, et c't'lail ce que dès l'origine il s'était efforcé de faire entendre au roi et au public. Ses partisans, en faisant valoir l'importance de créer un fonds d'amortissement et les heureux effets qu'on pouvait en attendre, avaient soin d'ajouter que ces heureux effets ne se produiraient que si la prodigaliti' royale ne continuait pas et n'augmentait pas; car le roi, disaient-ils, donne trop aux uns et aux autres '.

Quelques reproches qui aient ét(' faits à Machault d'avoir trop facilement prodigué les trésors de l'État à la marquise de Pompadour, ce mot prêté par d'Argenson à ses amis exprimait bien le fond de sa pensée, et l't'conomie était un des articles essentiels de son programme. Partout où Ton peut saisir quelque trace de son influence personnelle, on voit cette influence s'exercer pour la défense du Trésor royal contre ceux qui par avidité ou par insouciance semblent en avoir juri' la ruine. Il ne parlait (jue « d'augmentations de revenus, de rt'serves d'argent et de retranchement de dépenses - ». Il s'élevait, non sans quelque chaleur, contre les dépenses excessives du roi dans ses petits soupers ^. Il s'attaquait même (on l'a vu) aux dépenses de Mme de Pompadour. H osait s'exposer à sa mauvaise humeur en lui répétant sans cesse qu'il n'y avait plus d'argent au Trésor royal et qu'il ne savait plus où en prendre *.

Ses actes étaient d'accord avec ses paroles. Le duc de Chartres, qui «'fait criblé de dettes, avait arraché au roi une pension de 100 000 livres; mais « il n'avait pas été' trop content du Machault en cette circonstance » et l'accueil qu'il en avait reçu lui avait fait perdre toute envie « de se commettre de nouveau avec ce ministre ^ ». Le maréchal de Saxe fréquentait assidûment le fermier général La Poupelinière, et comme on lui en demandait la raison. « Il a une qualité pour moi que je trouve excellente, répondit-il; car quand j'ai besoin de Uio 000 livres je les trouve dans son coffre; au lieu que lorsque je m'adresse au contrôleur général, il me répond toujours qu'il n'a pas d'argent^. » Les paiements dans la maison ilu roi étaient retardés le plus possible : les créanciers suspects avaient beau réclamer avec instance, Machault aimait à les renvoyer les mains vides. La compagnie des poudres, dont les vexations et les profds scandaleux étaient notoires, lui faisant demander paiement ou acompte sur de grosses sommes qui lui étaient dues pour fournitures-faites pendant la guerre, il répondait sèchement : « .le ne le peux, ni ne le veux". » Il refusait le paiement aux entrepre-

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