I/Ad., 23 février
1. Ihid., 21 septembre, 3 oclobre i'i"y2. S. lôid., 14 janvier l7o2.
vient le graud dérangement des finances '. » C'était dans l'ordre, et un ministre ne pouvait pas être énergique et ennemi du gaspillage sans encourir de semblables imputations. D'Argenson tout le premier l'avait reconnu en constatant rimpos?ibilité de pratiquer les retranchements nécessaires et de « faire des coupes dans le vif - » sans otfenser « tout ce qu'il y a de plus grand à ia cour, pour toucher aux écuries, aux bâtiments, à la bouche, aux extraordinaires de la maison, aux dépenses des voyages, aux pensions, aux gouvernements donné's à des gens qui sont riches ■' ». Tâche si dltTicile que il'Argenson la jugeait au-dessus des forces d'un contrôleur général et demandait pour elle un premier ministre, et un premier ministre énergiquement soutenu! Tâche si difficile que tous les contrôleurs généraux qui se sont succédé jusqu'à la fin de l'ancien régime, ont du reculer devant elle, ou en ont été écrasés! Si, par un rare privilège, Machault a pu l'entreprendre sans en devenir la victime, ce n'est pas qu'il ait déclaré à l'abus des dépenses de cour une guerre moins vive que Turgot ou Necker : c'est qu'il sut mieux prendre ses mesures, mieux se créer les appuis nécessaires, s'ancrer dans la faveur du roi, et qu'il put, grâce à la solide position qu'il avait acquise, défier plus longtemps les etforts de ses ennemis.
Malheureusement, là comme ailleurs, et peut-être plus qu'ailleurs, les bonnes intentions du ministre restèrent sans résultat appréciable. Bien ne put arrêter l'augmentation des dépenses de la cour. Sourd aux avis de son contrôleur général, insensible aux embarras du Trésor, Louis XV continuait, par faiblesse et par entrainement plus que par goût, à donner l'exemple de tous les gaspillages. Les petits voyages à Cri'cy, à Rambouillet, à Compiègne, à Fontainebleau, etc., par lesquels il cherchait à tromper l'ennui qui le dévorait, coûtaient des sommes énormes, 100 000 livres d'extraordinaire pour trois ou quatre jours seulement, ne fût-ce que pour transporter la cour de Versailles à Trianon ^ ; or, ces déplacements étaient continuels : pendant toute l'année iT.'io, le roi ne coucha que cinquante-deux nuits à \'ersailles, soixantehuit pendant Tannée 1751. Le voyage qu'il fit au Havre en 1749, pour l'important objet d'y manger du poisson, coûta 1 million ». Les bâtiments <'taient une autre source de ruine : on construisait et on reconstruisait à force à Choisy, à Compiègne, à Bellevue, à Versailles, partout. M. de Vandières, dont la marquise avait fait le directeur général des bâtiments, poussait à la dépense et n'était que trop écouté; l'École militaire (dait entreprise; la manufacture de porcelaine de Sèvres, cette fantaisie