CHAPITRE II
De tous les actes de MachauU, le plus fameux est peut-être l'édit (l'août 1749 ' relatif aux fondations et aux acquisitions des élablisseuieuls de mainmorte. C'est surtout comme ennemi de la propriété ecclésiastique que ce ministre est resté célèbre, et tandis que ses efforts pour '■tablir l'égalité devant l'impôt ont été en grande partie oubliés, l'édit d'août 1749 a toujours joui d'une certaine popularité, renouvelée de nos jours dans une circonstance célèbre, où il a été invoqui' comme argument à l'appui de décrets bien connus. La Ré'volution, qui savait peu de gré à Machault d'avoir voulu faire pour l'assiette de l'impôt ce qu'elle lit elle-même, appréciait davantage les limites imposées par lui au développement de la mainmorte ecclésiastique; pour l'auteur anonyme de l'Histoire des caisses d'amortissement, qui est fortement imbu des idées alors dominantes et porté à tout condamner dans l'ancien régime, cette op(''ration était la seule qui eût fait la réputation de ce ministre.
II n'est pas suiprenant que le nom de Mai'lianit et le souvenir de l'édit d'août 1749 aient été aussi intimement associé's. Entre la politique du contrôleur général et le but auquel tendait l'édit sur les biens de mainmorte, le lien était en effet évident. Soumettre les biens du clergé à l'impôt était aussi un moyen d'en empêcher le d('veloppement excessif, et défendre au clergé les acquisitions nouvelles ('tait un moyen également de retenir sous l'action du fisc des propritMcs qui sans cela ris- (juaienl, si l'ancienne législation fiscale survivait, de lui échapper tôt ou tard. C'était dans les deux cas s'attaquer au domaine temporel de ri-^glise, genre d'attaque auquel elle se montrait malheureusement par-