‹ Machault d'ArnouvilleChapitre 247 sur 268 · i'i octobre llul, Arch. nat., 0. it · texte numérisé non relu

i'i octobre llul, Arch. nat., 0. it

:i. D'Argenson, tj mai. 0 auùt, la septembre, 4 octobre 17i)2. — Lettre de Saint-Priest à Saiut-Florcnlin, 2 juin il-rl, alT. étraog.. vol. 1344. — La préface d'une seconde édition da Patriote français et imparti al, iaWe eu 1753, montre les protestants sortant par milliers en 1752 de la Normandie, du Poitou, du Lanf,'uedoc. du Daupliiné, et reçus à l'étranger avec empressement.

C'était ainsi qu'avait commencé la guerre des Camisards : le gouvernement eut peur et s'arrêta Ijrusquemeut dans la voie des proscriptions, étant « très éloigné de faire en quelque façon la guerre à ses sujets • ». Il résolut de faire plutôt une nouvelle tentative auprès des évoques, car les efforts de Saint-Priest avaient jusque-là bien peu réussi. On profita pour cette nouvelle négociation du rétablissement des Etats de Languedoc et de la satisfaction que les évêques devaient en éprouver. Sur Tordre de Saint-Florentin, le \2 novembre 17o2, le maréchal de Richelieu et Saint-Priest réunirent les évêques en conférence et leur développèrent toutes les raisons qui exigeaient d'eux une diminution dans les épreuves. Ils eurent la douleur de ne rien obtenir : à toutes leurs représentations les évêques répondirent que plus le mal était grand, plus il devait être énergiquement combattu; que l'épiscopat, loin démériter d'être blâmé, avait au contraire lieu de se plaindre ; que le ministère semblait soucieux de protéger les nouveaux convertis dans le temps où il ne faudrait songer qu'à les détruire; que si les nouveaux convertis étaient vraiment catholiques, ils ne devaient avoir aucune peine à se soumettre aux formalités prescrites, et que s'ils ne l'étaient pas, la conscience du clergé lui interdisait de leur conférer les sacrements. On ne put les faire sortir de ce dilemme, et la conférence en resta là, non sans qu'il y ait eu quelques paroles assez aigres d'échangées : « Si vos commis du vingtième avaient été aussi maltraités que le sont aujourd'hui les curés, dit un évêque à Saint-Priest, on aurait bien su trouver et prendre les coupables * ».

Ainsi rebuté, le gouvernement laissa les choses dans le statu quo, et renonça pour quelque temps au système des dragonnades. Paul Rabaut signale dans sa correspondance qu'un calme subit succéda en 1753 à la persécution de 1732. On était décidé à ne plus mettre la force au service des évêques que si leur fanatisme consentait à se modérer et à ne plus fermer aux protestants « les voies mêmes qui pouvaient les rapprocher de l'Église ^ ». C'était donc une négociation à reprendre : elle le fut en 1733 par l'intermédiaire de l'archevêque de Toulouse et de l'évêque de Montpellier, prélats modérés et qui savaient plier devant la cour; l'évêque de Montpellier, « ardent moliniste, mais doué de la douceur du caractère évangélique * », avait déjà fait cesser dans son diocèse l'usage des abjurations par écrit ou devant témoin. Après bien des elîorls, il finit (décembre 1753} par obtenir des évêques d'Alais et d'Uzès,

i. Saint-Florenlin au comte de Moncan, commandant en Languedoc, 18 octobre 1732, Arcli. nat., 0. 448.

2. Uiclielieu à Lamoij,'non, 13 novembre l"o2, Arch. nat., H. 1093. — A cette date, l'assassin du prieur de Ners était encore iiuitiiement recherché.

3. Saint-Florentin à l'évêque de Béziers, 1" avril 17ol, 0. 44".

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