Arcli. nat.. K
de Paris et de Lyon, et, en temps de guerre, de Marseille ', goûtait peu ce projet. Machault se décida pour un système d'approvisionnements assez analogue à celui que proposait le mémoire de 1749, mais moins étendu; et il conclut pour cela un marché célèbre avec la compagnie qni était chargée de la fourniture des étapes pour les troupes. Un arrêt du conseil du 29 décembre 1750 autorisa la compagnie des étapes à faire un approvisionnement de 139000 sacs de blé, répartis dans les provinces où la fourniture de l'étape avait lieu, pour èlre toujours à la disposition du gouvernement en cas de disette-. Le procédé n'eut qu'un médiocre succès. Comme il fallait s'y attendre, la compagnie établit ses magasins non là où ils étaient le plus nécessaires, mais là où ses achats rencontraient le plus de facilité. Nulle part d'ailleurs ils n'en rencontrèrent beaucoup; ils déterminèrent de la hausse, d'autant plus que le chiiïre primitivement fixé de 139000 sacs avait été dépassé, amenèrent un resserrement général des grains, et risquèrent de produire la réalité de cette disette contre le fantôme de laquelle on songeait à se précaulionner; c'était en effet un résultat ordinaire des acquisitions de grains pour le compte du gouvernement que de répandre l'alarme et d'aggraver la situation. Des pluies nombreuses dans le printemps de 17ol et la mauvaise apparence de la récolte future contribuèrent aussi à inquiéter les esprits. L'exécution du marché delà compagnie des étapes ne tarda pas en conséquence à être suspendue (mai 1731) ^ et le gouvernement se chargea de faire directement les achats que rendirent nécessaires la médiocrité de la récolle de 1751 et plus encore les bruits alarmistes répandus partout sur la médiocrité de cette récolte. Ce n'était évidemment pas en ce moment qu'il pouvait être question de décréter la liberté de circulation.
On acheta 200 000 quintaux de blé et de grandes quantités de seigle en Angleterre, en Hollande, en Lorraine '*; le gouvernement fit des déboursés considérables, non dans une idée de gain, mais au contraire pour subir des pertes sensibles, puisque son but était d'empêcher la hausse, notamment à Paris, et que ses blés étaient généralement vendus fort au-dessous du cours; et pour récompense des soins qu'il prenait il n'obtenait ni la reconnaissance populaire, ni le résultat cherché, car le commerce particulier fuyait les marchés où les blés du roi, vendus à perle, lui faisaient une concurrence désastreuse, et la pénurie s'en-