‹ Machault d'ArnouvilleChapitre 254 sur 268 · F'- 047; Dupont de Xemour.-;, Analyse historique · texte numérisé non relu

F'- 047; Dupont de Xemour.-;, Analyse historique

4. D'Argenson, 8 octobre, 22 décembre i7ul;Luynes, 23 mars 1752, XI, 41)7: Biollay, Éludes économii/ues sur le XVIII" sii}cle : le pacle de famine.

tretenait ainsi par les efforts mêmes qui étaient faits pour procurer l'abondance. A grand'peine parvenait-on à maintenir à Paris le pain un peu moins cher que dans le reste du royaume ^ ; partout ailleurs ces achats de blé par le gouvernement étaient impuissants contre la disette et coûtaient en pure perte des sommes immenses. On fit des prêts à différentes villes pour leur faciliter leur approvisionnement; on accorda quelques remises d'impôts -; on distribua gratuitement plusieurs milliers de quintaux de riz; malgré tout, Tinquiétude ^ et la cherté persistèrent jusqu'à la récolte de i7o-*, et même au delà, quelque abondante qu'elle ail été, parce que le bruit fut artificieusement répandu qu'elle était insuffisante. Quand on vit que le prix du pain ne baissait pas, il n'y eut qu'un cri pour dénoncer l'avidité des monopoleurs et la complicité du gouvernement. L'abbé de Vougny, conseiller-clerc au Parlement, annonçait l'intention de faire à la rentrée une dénonciation en règle sur la cherté du pain et les monopoles pratiqués sur les blés, et de « remonter jusqu'à la source, ce qui regarde Machault * »; seule la crainte de rendre service à l'archevêque en irritant le roi (c'était au moment de l'affaire de la sœur Perpétue) faisait renoncer le Parlement à la démarche projetée. Sans se laisser arrêter par ces témoignages de malveillance, là où il aurait pu espérer plus de gratitude, le gouvernement continua ses approvisionnements : 60 000 quintaux furent encore achetés à l'étranger pour son compte, puis vendus à perle, ou gardés sans débit dans les magasins du roi où ils coûtaient beaucoup de frais de garde et se gâtaient sans profit pour personne. C'étaient là cepen-

1. Barbier, septembre 1731, avril 1132. — Barbier déplore en maint endroit la cherté du paiu à Paris, mais reconnaît f|ue c'est encore dans cette ville qu'il est le moins cher.

2. D'Argenson, 10 janvier 17o2 : « Pour remédier à la famine des provinces du dedans du royaume, le Roi a obligé des capitales comme Angers, Tours,... à emprunter chacune 100 000 1. et leur en prête 40 à 50 000 sans intérêt pour acheter des blés ». — M. de Tourny obtint pour sa généralité un secours de 100 000 1. pour achat de semences (2S septembre 1751, Arch. Gir., C. 1414), revint à la charge et obtint encore 100 000 1. et 2 000 quintaux de riz (janvier 1752) et une Iroisième fois 100 000 1. {'.) avril 175.3, C. 141.-;).

3. 11 y eut même des troubles à Arles, en Auvergne (d'Argenson, 26 janvier, 7 mai 1752), et surtout à Rouen, où une émeute grave éclata en avril 1752 : des magasins de blé appartenant au roi furent pillés. La croyance générale était qu'on jetait toutes les nuits du blé dans la Seine pour empêcher la baisse ; ces faux bruits répandus avaient excité le peuple jusqu'à la fureur. La sédition se répandit jusque dans les campagnes. On trembla à la cour qu'elle ne gagnât Caen,n où les j)euples sont les plus mutins de France » (d'Argenson, l"raai 1752). Le Parlement de Rouen, tout en déployant la plus grande sévérité contre les rebelles, ne manqua pas cette occasion de fortifier les soupçons répandus parmi le peuple en arrêtant qu'il serait nommé des commissaires pour l'aire un inventaire exact des blés existant dans les magasins de la province. (Luynes, d'Argenson, avril 1752; Floquet, Ilist. du Parlement de Normandie, VI. 410.)

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