‹ Machault d'ArnouvilleChapitre 256 sur 268 · Ihid., 27 sept. 17:i · texte numérisé non relu

Ihid., 27 sept. 17:i

4. IhiiL. 9 février 17.7;i : « Le monopole augmente.... Outre la compagnie aulorisce par le ministère, et qui rend, dil-on, consitlérahlement an roi, il y en a pliisienrs autres, composées des plus riches financiers, qui travaillent sur le même plan en diverses provinces. L'on m'assure que ces gros richards enlèvent tout ce (|u'il y a de blés le long de la Loire et les font rentrer par Seine ou Garonne pour que les provinces abondantes particifient à la cherté que répand également partout ce détestahie monopole. Ces blés voitures ainsi sont resserrés pour qu'on soit partout maître des prix. »

les années les plus stériles *. Enfin le troisième était les Éléments du commerce, de Forbonnais, qui combattait aussi les préjugés populaires contre les amas et emmagasinements de grains, se prononçait pour la libre circulation intérieure, prouvait même, par l'exemple de l'Angleterre, que le royaume n'aurait rien à craindre d'une exportation modérée, et, mettant la question sur son véritable terrain, osait dire que la police des grains avait toujours fait fausse route en ne visant qu'à maintenir le blé à bas prix, que l'extrême avilissement du blé était au moins autant à redouter que l'extrême cherté, et qu'il était temps de travailler aussi aux intérêts de l'agriculture, jusque-là systématiquement sacrifiés -.

Ces livres ne furent pas proscrits, comme d'Argensou ■' l'attendait, avec sa malveillance habituelle, « de l'aveuglement où est le règne et de la séduction des bons pour les méchants »; ils furent au contraire approuvés, soutenus, et même leurs doctrines furent en partie appliquées, car il est difficile de ne voir qu'une simple coïncidence fortuite entre leur apparition et l'arrêt du conseil du 17 septembre 1734, qui instituait la libre circulation intérieure et autorisait la sortie par les deux ports d'Agde et de Bayonne ^ On peut considérer cet arrêt, quoique signé et rendu par M, de Séchelles, qui fut d'ailleurs généralement favorable aux doctrines de liberté économique, comme la conclusion naturelle des principes soutenus et des opérations pratiquées par Machanlt. auquel le temps seul manqua pour y attacher son nom. Constamment favorable, sauf en une circonstance exceptionnelle, à la liberté intérieure; moins partisan de la liberté de sortie, sans cependant lui être hostile, il aurait trouvé ses vues exactement suivies dans un arrêt qui accordait la première, et qui, après trois récoltes très abondantes, dans un moment où toute inquiétude sur les subsistances avait disparu, concédait timidement la seconde, en la limitant à deux ports intentionnellement choisis parmi des villes d'importance secondaire, et où les amas de grains avaient toujours été peu considérables. C'était un faible commencement, que beaucoup jugèrent insuffisant et trop tardif, mais qui n'en était pas moins très méritoire; ce fut le point de départ de la

i. Nulle part peut-être les opérations faites par le gouvernement sur les blés n'ont été jugées aussi équitaljlement que dans ce livre de Herbert: il en loue pleinement l'intention, comme elle méritait de l'être, et uioutre aussi pourquoi le succès en était toujours médiocre.

2. L'idée commençait à se répandre, comme on le voit à la fureur qu'elle inspirait à d'Argenson (27 août l"o2, 21 septembre 1"52, 9 février d7o3, etc.). Maintenir au blé toujours une certaine valeur était cependant le meilleur moyen d'améliorer le triste sort des habitants des campagnes, sur lequel il s'apitoie si souvent.

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