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officiels : « Dans le principe où je suis, écrivait Gournay ', que le commerce peut et doit se conduire sans confiscation et sans amendes pour raison de fabriques, et que notre commerce et nos manufactures n'acquerront jamais l'accroissement dont elles sont susceptibles, tandis que nous suivrons le système opposé qui est contraire à celui de toutes les nations commerçantes de l'Europe, je ne puis être de l'avis de l'établissement d'une caisse générale qui aurait pour objet la perception et la disposition de ces amendes; je pense même que ce serait afficher d'une façon trop solennelle un principe dont nous reviendrons quand l'esprit du commerce aura fait plus de progrès parmi nous. Je pense encore qu'il est fâcheux de faire supporter à nos fabricants les appointements des inspecteurs, car sans vouloir discuter ici s'ils sont utiles ou nuisibles aux fabriques, il est certain que le fabricant français qui contribue à payer un inspecteur est dès lors plus chargé que le fabricant anglais ou hollandais, son concurrent, qui n'en paye point. >> Quelques jours après (2o septembre), Gournay revenait encore sur celte question dos amendes et des inspecteurs : (I J'ai l'honneur de vous envoyer ci-joint le huitième chapitre de M. Child - sur la laine et les manufactures de laine; ce sujet m'a donné occasion de traiter avec assez d'étendue la question de savoir si nos inspecteurs et nos règlements portant amendes sont utiles ou non aux manufactures. Outre l'exemple des nations les plus commerçantes dont je me suis appuyé, j'ai tâché de faire voir que le préjugé où nous sommes à cet égard nous éloigne du véritable esprit et des connaissances du commerce, et est aussi nuisible au |>rogrôs de l'industrie qu'à l'augmentation des sujets du roi et de ses revenus; il m'a fallu des motifs aussi puissants pour me dissimuler à moi-même la témérité d'attaquer une opinion reçue et consacrée depuis quatre-vingts ans. » Ne pouvant encore supprimer les inspecteurs, il entendait du moins empêcher leurs vexations : « J'ai vu avec grand plaisir, écrivait-il à un futur inspecteur ^, par plusieurs ouvrages que M. Trudaine m'a communiqués, combien vous avez de zèle et de talent, mais vous ne sauriez les mettre véritablement à profit pour le bien du commerce qu'en traitant doucement les fabricants et évitant autant qu'il est possible de leur donner des dégoûts : l'expérience aura pu vous apprendre que les étrangers sont fort empressés de nous enlever nos ouvriers, mais qu'ils sont peu curieux de nous enlever nos inspecteurs; la douceur et les bonnes façons envers nos ouvriers sont nécessaires pour les conserver. » Il ne voulait pas surtout que l'on i)rofessàt une certaine