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guerre : il s'en reconstitua dans la plupart de nos ports de commerce, et en 1750 une compagnie royale d'assurances, au capital de 6 millions, divisé en 2 000 actions de 300 livres, se créa à Paris par les soins et avec la protection du gouvernement; elle rendit, au témoignage de Forbonnais ', de grands services.
Pour développer aussi notre marine marchande, le fameux droit de bO sous par tonneau sur les vaisseaux étrangers entrant dans nos ports, que Fouquet avait établi en lOoO et qui était jugé insuffisant, vu la diminution de la valeur de l'argent, fut doublé par une déclaration du 24 novembre 17b0 ^.
C'était dans la même vue de favoriser notre commerce maritime — mais avec moins de raison malheureusement, — que le gouvernement s'obstinait à soutenir la Compagnie des Indes contre toutes les causes de ruine qu'accumulaient sur elle l'insuffisance de ses opérations, les négligences de son administration, les vices de sa constitution. Il n'y parvenait, comme il était naturel, qu'au prix de lourds sacrifices pécuniaires. Morellet, dans son iMémoire de 1769 sur la Compagnie des Indes, a compté plus de 130 millions donnés par le roi à la Compagnie de 1723 à 1747 : lorsqu'en 1747 l'État assura à celle-ci une rente annuelle de 9 millions en compensation du monopole du tabac qu'il lui avait retiré, c'était encore un cadeau purement gratuit et fort considérable qu'il lui faisait. Chaque année, au mois de décembre, à l'assemblée générale de la Compagnie où l'état des afl'aires était exposé et le dividende fixé, le contrôleur général prenait la parole et assurait la Compagnie des bonnes dispositions du roi : il les prouvait mieux encore en lui fournissant le moyen de distribuer à ses actionnaires un dividende sans rapport avec les profits véritables de l'entreprise, et en lui faisant remise des sommes qui devaient revenir au roi pour les actions qu'il possédait. La charge ne laissait pas d'être lourde pour un trésor si obéré; on ne la subissait que dans l'espérance que l'amélioration du commerce de la Compagnie la rendrait bientôt inutile; dans le ministère comme dans la Compagnie l'idéal unique était qu'elle pût se suffire à elle-même et procurer à ses actionnaires les bénéfices sans lesquels le commerce de llnde était inutile ou nuisible. Cette manière de voir, de la part d'une société de marchands, était si naturelle qu'on ne saurait la blâmer sans une injustice manifeste : quant au gouvernement, le rcHablissemeut des finances était pour lui une chose si nécessaire, un devoir si impérieux, que dans l'intérêt même de la puissance maritime et coloniale de la France tout devait y être sacrifi<'.