Arrêt explicatif du 28 juillet 172o, art
i. Déclarations du 21 juin 1726, du s octobre 1726 et du 7 juillet 1727.
d'elles, les misérables expédients qui revenaient à chaque instant attester la détresse du Trésor, les emprunts usuraires, les créations de charges ridicules ou nuisibles, la lourdeur, et cependant l'insuffisance, des impôts, qui accablaient les uns parce qu'ils ne touchaient pas assez aux autres, qui ruinaient les contribuables sans remplir le fisc. Ce désordre cesserait au contraire, si l'impôt, débarrassé de ce qui en tarissait la source, rendait enfin ce qu'il devait rendre. Alors seulement il serait possible de ramener l'équilibre dans le budget, de rétablir le crédit de l'État, d'entretenir l'abondance des capitaux et le bas taux de l'intérêt par les remboursements du Trésor et le progrès général de la confiance : et pour tous ces avantages, il suffisait d'un impôt n'atteignant un peu rudement que ceux-là seuls qui auraient dû être atteints plus tôt. Magnifique perspective, qui séduisit l'esprit essentiellement juste de Louis XV, sans lui inspirer malheureusement assez de fermeté et de persévérance pour briser les résistances au-devant desquelles on allait!
Machaull ne dissimula nullement ces résistances : il s'attacha au contraire à montrer combien elles seraient vives, combien il fallait s'armer de fermeté pour les vaincre. Dans les nombreux conseils de finances dont il demanda la réunion ',11 provoqua les opinions contraires aux siennes, et ne négligea rien pour que la discussion fut aussi approfondie que possible. 11 faisait même dire au Parlement que s'il avait quelque chose de moins onéreux à proposer au roi, on l'écouterait volontiers ^. C'est donc après mûre délibération, et lorsque Machault eut reçu une promesse formelle d'être soutenu ^, que le gouvernement s'engagea dans cette voie, d'où il dépendait de lui de sortir plus puissant que jamais, ou humilié et discrédité.
Les édits furent rendus à Marly, au commencement de mai 1749. L'un créait 1 800 000 livres de rentes 5 0/0, remboursables en douze ans par tirages au sort tous les six mois. Les 36 millions fournis par cet emprunt devaient être consacrés à l'acquittement des dettes de la guerre, soit que le chiffre n'en fut pas encore bien connu, chose très possible à admettre, étant données les obscurités extrêmes, même pour les ministres, de la comptabilité de l'ancien régime, soit que Machault ne voulût pas grever davantage sa caisse d'amortissement dès l'origine, et qu'il comptât sur le temps et sur des économies pour payer le reste. Une importante innovation signala cet emprunt : l'apparition de titres au porteur, avec coupons facilement séparables, titres pouvant se négocier aisément, tandis que les contrats de constitution de rente, exclusivement en usage jusqu'alors, ne pouvaient changer de mains qu'avec