‹ Machault d'ArnouvilleChapitre 33 sur 268 · Luynes, 26 septembre 17oi, XIII · texte numérisé non relu

Luynes, 26 septembre 17oi, XIII

beaucoup de lenteurs et de formalités '. Cette réforme fut parfaitement accueillie. Barbier le constate, malgré sa prévention contre ces papiers, qu'il confond avec ceux du système de Law, et dArgenson témoigne aussi que l'emprunt fut couvert avec une grande facilité K

L'autre édlt * avait une bien plus grande importance. Le préambule en était rédigé avec habileté et avec force, et il est impossible de ne pas être frappé de l'esprit de sagesse et de justice qui s'y révèle. Le roi y rappelait, d'une part, les suppressions d'impôts qui avaient déjà accompagné la publication de la paix, et sa volonté de supprimer aussi le dixième; d'autre part, l'étendue des besoins et la lourdeur des dettes de l'État : il déclarait que le seul moyen de travailler eflicacement au bonheur de ses sujets était d'éteindre successivement ces dettes, et que ne pouvant trouver dans ses revenus ordinaires de quoi remplir cet objet capital, il se voyait avec peine obligé de recourir « pendant les premières années » à l'imposition du vingtième. Il s'était déterminé à cette imposition plutôt qu'à tout autre moyen « par la considération qu'il n'y en a point de plus juste et de plus égale, puisqu'elle se répartit sur tous et sur chacun de nos sujets dans la proportion de leurs biens et de leurs facultés, et que la levée s'en faisant sans traité ni remise extraordinaire, le produit rentre en entier au profit de notre État ». L'édit portait cessation du dixième à partir du 1'^'^ janvier 1750, son remplacement par l'impôt du vingtième sur tous les revenus de tous, propriétaires ou usufruitiers, nobles ou roturiers, privilégiés ou non-privilégiés, pour une durée non indiquée, et affectation de ce vingtième à une caisse d'amortissement, entièrement distincte du Trésor royal et uniquement destinée au remboursement des dettes de l'État.

Bien que les dispositions essentielles de cet édit fussent déjà contenues dans les différents arrêts qui avaient établi le dixième, et surtout le cinquantième *, on pouvait remarquer dans l'édit de mai 1749 un

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