‹ Machault d'ArnouvilleChapitre 42 sur 268 · D'Arg., 21 juin · texte numérisé non relu

D'Arg., 21 juin

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viable de ministre d'État, qui lui donnait entrée régulière dans le conseil d'en haut, le plus important de tous les conseils '.

Les cours de Province imitèrent l'ensemble du Parlement de Paris : elles enregistrèrent l'édit, après des remontrances qui souvent dépassèrent eu hardiesse celles de la capitale. Il fallut des lettres de jussion pour faire faire Tenregistrenient à Rennes, Dijon et Toulouse ^. Le Parlement de Piouen sollicita lui-même de nouveaux ordres « pour être disculpé envers les peuples de celte province , qui pourraient nous reprocher d'avoir tu leur épuisement et leurs besoins », et ne craignit pas de dire dans ses remontrances que le vingtième était établi « au mépris de la parole royale de Louis XV' ». Le Parlement de Douai était encore plus dur quand il parlait « de l'effort qu'a dû se faire, pour être moins exacte à remplir ses promesses envers les siens qu'envers ses ennemis, une àme vraiment royale, qui venait de sacrifier à sa parole les possessions les plus utiles, les conquêtes les plus flatteuses et les espérances les plus assurées ». Cette allusion désagréable à la générosité forcée de Louis XV était accompagnée de vives récriminations, non pas contre le vingtième en lui-môme « quelque effrayante qu'en paraisse la durée arbitraire et illimitée, quelque incertitude qu'il y ait dans l'espoir du paiement des dettes de l'Ltat, qui a servi de motif au dixième et à la capitation sans que ces dettes aient été diminuées », mais contre la prétention de le faire payer sans abonnement et contrairement aux usages du pays : chose grave, car le Parlement, assez peu flatteur pour ses concitoyens, les représentait comme obstinément réfractaires à tout changement : « Le climat froid et pesant, les nourritures épaisses et grossières, l'éducation tardive et bornée ne forment pour l'ordinaire que des hommes de routine et d'habitude : toute nouveauté les effraye, les plus indifférentes les agitent, les plus utiles nii les laissent point sans soupçons... ». Le Parlement craignait surtout que l'assiette de la nouvelle imposition ne dévoilât les vices de la répartition des anciennes : « Le contraste continuel qu'il y aura entre la répartition des impositions anciennes et celle du vingtième, les mouvements, les varialions, la gêne qu'entraînera la déclaration des biens, les chicanes, les amendes, les contraintes, en un mot les vexations de tout genre que produiront les vérifications de ces déclarations : toutes ces tracasseries également inouïes, inutiles et ruineuses fatigueront, dégoûteront, décourageront un peuple qui ne connait, après Dieu et son roi, que ses usages et son repos * ». Parmi toutes les cours souveraines de province,

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