‹ Machault d'ArnouvilleChapitre 43 sur 268 · Liiynes, 20 raai l'I'J, IX, JiM · texte numérisé non relu

Liiynes, 20 raai l'I'J, IX, JiM

2. lJé|)t!'clies du secrétaire d'Klat de la maison du roi, 28 juin lliO. Arcli. nal., 0. iio.

3. l-'loqiiet. Histoire du Parlement de Sormandie, t. VI, p. 362. i. Luyncs, t. X, p. ."Jli.

ENREGISTREMENT DE L ÉDIT DU VINGTIEME. ô5

la cour des aides de Bordeaux se fit remarquer par l'acrimonie de son langage, qui valut au doyen de cette compagnie un exil à Vire, et à la compagnie elle-même, une sévère lettre de réprimande du chancelier. Rappelant la disette qui avait sévi à Bordeaux l'année précédente, et jetant à ce propos sur la conduite de l'administration les imputations les plus noires et les moins justifiées, la cour des aides représentait les populations comme entièrement épuisées, et déclarait que le projet de rembourser les dettes de l'État ne pouvait être l'ouvrage que des ennemis du peuple : i< Ce n'est pas, disait-elle, l'acquitter, c'est le détruire ' ». Au milieu de ces lamentations exagérées sur la misère publique, au milieu de ces déclamations anticipées sur les abus d'une perception encore à naitre, se distinguent avec avantage les remarquables remontrances — est-ce bien remontrances qu'il faut dire? — que le Parlement d'Aix envoya le 30 j uin 1 749 à propos de l'édit du vingtième. Celui qui les a inspirées, et probablement même rédigées, le fameux procureur général de ce parlement, Ripert de Monclar -, a su se dégager des préjugés mesquins de localité et de caste, et voir les choses vraiment de haut. U a reçu évidemment de sa compagnie mission d'attaquer l'édit : et au lieu de le faire, il le défend, en démontre la nécessité, en développe les heureuses conséquences possibles : quand il veut donner un conseil ou exprimer un regret, c'est en le voilant sous un compliment. « Le devoir de nos charges nous oblige. Sire, à envisager sous des vues générales l'édit le plus important qui ait encore paru dans la monarchie en matière de finances. V^otre parole est remplie, le dixième n'existe plus : le vingtième lui succède, non point par forme de tribut, pour augmenter les trésors et les dépenses du trône, mais comme un arrangement économique qui nous prépare l'administration la plus heureuse, et qui doit fermer les plaies invétérées de l'État.... Le moment qui devait faire respirer vos sujets les soumet à la. subvention la plus forte qui ait jamais été établie dans le sein de la paix. Nous n'avons garde de nous en plaindre, Sire : c'est un ouvrage de votre sagesse qui coûte cher à votre bonté. Quelque douloureux que soit et le moment et le remède, vous n'avez point cru devoir retarder plus longtemps une opération déjà trop différée. » Ce langage était excellent pour faciliter l'établissement du vingtième dans une province aussi mal disposée que la Provence. Le seul reproche que Monclar adressât à l'édit, c'était d'être muet sur la durée du

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