Arch. du Pas-de-Calais, C
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lions qui furent fournies en assez grand nombre et assez vile, mais dont la plupart étaient mal faites, inintelligibles, inexactes, sans mention des réserves, et avec mention au contraire de déductions que l'édit ne permettait pas \ à dresser les rôles du vingtième : c'est à quoi l'intendant travailla activement, avec l'aide d'un des meilleurs directeurs du vingtième qu'il y eût alors dans le royaume, un sieur Laurent, ancien contrôleur du dixième dans la généralité de Soissons, fort au courant de toutes les questions difficiles auxquelles donnait lieu l'application de l'impôt sur le revenu, et si plein de zèle pour les intérêts du Trésor que souvent il n'hésita pas a combattre des décharges abusives accordées par l'intendant, au risque de conflits périlleux avec lui. On prit pour base des rôles du vingtième les déclarations, à peine modifiées, lorsqu'elles étaient absolument insuffisantes, par les états des gens de loi ou par les premiers travaux des contrôleurs : et les rôles de 1750 purent ainsi être achevés au mois d'août de cette année. Le résultat était de nature à confondre les adversaires du contrôleur général : tandis que le dixième de l'Artois avait été abonné .3oOOûO livres, les rôles du vingtième, faits sur des déclarations dont la grande majorité n'était point contrôlée, se montèrent à 360 215 1. 8 s. 7 d. -. Encore s'en fallait-il de beaucoup, au témoignage de l'intendant comme du directeur du vingtième, que l'imposition fût portée au point où elle devait être. Ils convenaient, à la vérité, qu'il s'était glissé dans les rôles de 1750 beaucoup de doubles emplois et de surcharges dont la radiation ou la diminution s'imposait : ces erreurs étaient dues surtout à la mauvaise volonté ou à l'ignorance des officiers municipaux et gens de loi, qui avaient compris dans leurs états la totalité des biens situés dans les limites de leurs paroisses, sans faire attention que les terres dépendant d'une ferme ou métairie située dans une paroisse voisine pouvaient être déclarées ailleurs, et ne devaient être mentionnées que pour mémoire '. Mais ces déductions devaient être compensées, et au delà, par les suppléments que procurerait nécessairement la vérification des déclarations fausses et la recherche des parties non encore déclarées. Les réticences étaient particulièrement nombreuses dans les déclarations ecclésiastiques, et des exemples curieux en étaient cités par l'intendant et par le directeur : l'évêque d'Arras avait déclaré 300 livres pour les deux tiers, d'une certaine dime qu'il possédait, et le troisième tiers en était affermé
1. Ordonnance de l'intendant Chauvelin, 2 juillet 1750, Arch. du Pas-de- Calais, C. 424.
2. Arch. nat., H. 26; Arch. du Pas-de-Calais, C. 424, 436. — Détail du vingtième de l"oO : biens-fonds, 330 689, dont 421 662 pour les biens laïques, 109 027 pour les biens ecclésiasliijues; vingtième d'industrie, 18 341; le reste pour l'ordre de Malte, les revenus municipaux, les rentes sur les États d'Artois. Les rôles du vingtième des offices et droits n'étaient pas encore faits.