Le Nain à .Machault, 26 septembre 1749, H
3. Machault à l'archevêque de Narbonue, D septembre 1749, H. 846.
lion d'aucune opération relative à la levée du vingtième avant que l'édit qui l'établissait eût été soumis à l'approbation des États, dont il garantissait d'ailleurs l'obéissance *. Pendant ce temps, l'alarme se répandait, et les députés des États à la cour, ayant à leur tête l'évêque du Puy -. cherchaient à faire revenir Machault sur sa décision. On lui représentait qu'il n'existait point de rôles distincts pour le dixième des biens roturiers, cet impôt étant réparti sur eux au marc la livre de la taille, et que pour les biens nobles les recherches faites en 1711, qui servaient encore de base à l'assiette de l'imposition, avaient été si hâtives et si erronées qu'elles ne pourraient être d'aucun secours : aveu à retenir de la part d'un défenseur de l'administration des États, et commentaire inattendu des éloges pompeux que ces mêmes députés à la cour lui décernaient dans un long mémoire historique sur les privilèges du Languedoc qu'ils s'empressèrent de rédiger : « L'égalité toujours si désirable, disaient-ils ^ dans la manière de contribuer aux impôts est le caractère et le fruit heureux de l'ordre qui a été observé par les Étals pour la perception du dixième dans la province : il est inouï qu'aucun des contribuables ait prétendu qu'elle ait été violée à son égard.... Or, peut-on espérer que cette égalité sera également observée lorsqu'on s'écartera des roules simples et connues pour en prendre une autre toute nouvelle, semée de difficultés, dont l'arbitraire et conséquemmenl l'injustice seront inséparables?.. Il ne peut y avoir que de l'inconvénient et du risque à y porter le changement, en dérogeant à des privilèges et à des usages dont l'exécution a procuré dans tous les temps des secours plus prompts, plus abondants et plus efficaces que toute autre espèce d'administration... Lorsque les peuples voient les États marcher à leur tête et leur annoncer, suivant un usage non interrompu, les volontés du Roi, leur obéissance, sans rien perdre de son mérite, est animée par la confiance qu'ils ont dans une administration qu'ils respectent et à. laquelle ils sont attachés, et il ne faut pas en être surpris, puisque les États sont en même temps les sujets les plus fidèles et les plus soumis, et les tuteurs zélés des peuples confiés à leurs soins. » Et les députés à la cour rappelaient le testament de Raymond VII, les Étals généraux du roi Jean, les édils de 1649 et 1659, des lettres patentes de 1713, et bien d'autres titres encore, pour établir le privilège du Languedoc de ne payer que des impôts consentis et par conséquent pour supplier de surseoir à la levée du vingtième jusqu'à la prochaine session des États. A ce concert de plaintes se joignait l'intendant lui-même, Le Nain, qui redoutait beau-
1. L'archevêque de Narbonne à Machault, 18 et 26 septembre 1749, H. 847.